Cara Delevingne « dégoûtée » par le milieu de la mode

Mis à jour le 10 janvier 2018 par Elisabeth Clauss
Cara Delevingne « dégoûtée » par le milieu de la modeNEW YORK, NY - JULY 21: Model/actress Cara Delevingne seen in Tribeca on July 21, 2015 in New York City. (Photo by Bobby Bank/GC Images)
NEW YORK, NY - JULY 21:  Model/actress Cara Delevingne seen in Tribeca on July 21, 2015 in New York City.  (Photo by Bobby Bank/GC Images)
NEW YORK, NY - JULY 21: Model/actress Cara Delevingne seen in Tribeca on July 21, 2015 in New York City. (Photo by Bobby Bank/GC Images)

Elle a peut-être froncé pour la dernière fois ses iconiques sourcils à propos du mannequinat et du fashion raout en général : "un milieu horrible et dégoûtant".

C'est l'histoire de la fille intelligente qui en marre d'être admirée pour sa beauté. Une jeune femme de 23 ans tout juste, dont les revenus frisent les 3,5 millions de dollars par an (chiffres Forbes), et dont les aventures quotidiennes sur Instagram sont followées par 18 millions de fans. Elle est pote avec Karl Lagerfeld, Kate Moss, Rihanna, Taylor Swift et tout le gotha du haut en bas.

Mais Cara a souvent revendiqué n'avoir jamais vraiment voulu être top model. Bon, il y a des accidents, comme ça. Elle vient de déclarer dans une interview accordée au Times que  « la mode m’a fait me sentir creuse (...), je ne me voyais pas grandir en tant qu’être humain (…) et j’en oubliais presque à quel point j’étais jeune. Cela me donnait l'impression d'être vieille. » Afin de quitter ce monde d'image et de superficialité, elle souhaite donc développer sa carrière d'actrice (elle est à l'affiche de La Face cachée de Margo (1), de Jake Schreier, dans lequel elle tient le rôle principal). La belle Britannique n'en est pas à un paradoxe près. Attention, on ne dit pas qu'être comédienne n'est pas un vrai métier, contraignant et impliquant, tout ça. Entendez-nous bien. Mais pour qui estime, comme Cara, que le malaise drainé par les feux de la rampe « est une chose mentale ; si vous n'aimez ni votre image ni votre corps, cela devient de pire en pire », ça risque de ne pas s'arranger à Hollywood. Dont Wilson Wizner, dramaturge (1876-1933) disait : "Travailler à Hollywood, c'est comme naviguer sur un égout dans un bateau à coque de cristal."

<> at Apple Store Soho on July 21, 2015 in New York City.
<> at Apple Store Soho on July 21, 2015 in New York City.

Mais Cara n'en peut plus, notamment de ce qu'elle dénonce comme du harcèlement sexuel permanent dans le mannequinat, sujet sérieux et préoccupant, pour le coup, qui pousse de toutes jeunes filles à prendre des poses lascives et à envoyer un message qu'elles ne maîtriseront pas forcément par la suite : Cara admet que plus jeune, elle aurait, elle aussi, pu poser en tenue d'Eve ou dans des positions suggestives. « Je suis un peu féministe et cela m’a rendue malade. (…) C’est horrible et dégoûtant. Ce sont de toutes jeunes filles. Quand vous commencez et que vous êtes jeunes… vous êtes sujette à … des choses pas super. »

Le stress occasionné par ses contradictions a provoqué chez elle l'apparition de psoriasis, une maladie de peau qui génère des croûtes sur le corps. Un masque sorti de son inconscient pour la forcer à sortir du circuit même si son esprit y restait attaché ? Les maquilleurs devaient « recouvrir son corps » de fond de teint pour cacher ce symptôme. « Les gens portaient des gants, et ne voulaient pas me toucher, car ils pensaient que c’était un sorte de lèpre ».

Depuis qu'elle a pris la décision de raccrocher, après avoir défilé un nombre astronomique de fois pour les plus grandes maisons, dont Chanel qui l'adore, créé une collection capsule pour Mulberry, et incarné les rouges à lèvres Yves Saint Laurent Beauté, Cara Delevingne semble soulagée par son nouveau plan de carrière : « Je suis beaucoup plus forte que je ne l’étais. Et j’ai l’impression que la mode, la vie, ce rejet, tout était une préparation pour cela. Maintenant que je le fais, je suis la personne la plus heureuse du monde. » Comme quoi le bonheur, c'est pas si compliqué...