Etes-vous prêts à dire « autrice » ?

Mis à jour le 12 février 2018 par ELLE Belgique
Etes-vous prêts à dire « autrice » ?

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Dans son deuxième numéro paru samedi 6 juin, le magazine lesbien Well Well Well s’est lancé un défi de taille : déconstruire la grammaire telle que nous la connaissons pour mettre fin à la « masculinisation de la langue ».

« Le masculin l'emporte sur le féminin ». Cette règle de grammaire, répétée en boucle depuis la petite enfance, serait-elle un simple détail de la langue française ou un enjeu égalitaire beaucoup plus important ? La réponse du magazine lesbien Well Well Well est sans appel : « Il faut se rendre compte que ce n'est pas un détail. L'idéologie derrière la langue est sexiste », explique Marie Kirschen, rédactrice en chef.

Cette règle, connue de tous, a été explicitée en 1767 par le grammairien Nicolas Beauzée de la façon suivante: « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » Une belle idéologie en effet…

L’équipe de Well Well Well a donc décidé de rédiger ce deuxième numéro dans une grammaire non-sexiste avec la rédaction d’un « petit précis de grammaire égalitaire » qui sera également appliqué pour les prochains numéros.
L’idée est de faire primer la règle dite « de proximité » et non de favoriser le genre masculin. Au lieu de dire « les hommes et les femmes sont géniaux » par exemple, il faudra donc écrire « les hommes et les femmes sont géniales », l'adjectif s'accordant avec le dernier groupe nominal.

Ne prenez pas peur, les articles sont tout à fait lisibles, même si quelques mots comme « autrice » (féminin de auteur) nous font un peu tiquer au premier abord. Il faut croire que tout semble être une question d’habitude pour certain.e.s.

Well Well Well #2, 128 pages, 15 euros. En vente en librairie et sur Internet.

Marine Sanclemente