Dior l’adore : La Cambre sans voile mais maquillée

Mis à jour le 20 février 2018 par Elisabeth Clauss
Dior l’adore : La Cambre sans voile mais maquillée

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Portrait de Florence Samain, make-up artist.

Maquilleuse aux talents multiples et à l'univers riche d'une culture empirique et théâtralisée, elle a étudié le stylisme à La Cambre au début des années 2000. Là, elle réalise que ce qui l'intéresse, ce n'est pas la couture, mais l'environnement d'une collection. Elle est touchée  touchée par cette notion plus instantanée, qui passe par le maquillage. Elle s'engage donc vers une formation spécifique. Et comme elle connaît beaucoup de jeunes créateurs, elle fait ses armes avec eux.

– Sa signature : « je m'applique à en faire assez, et à m'arrêter à temps. C'est le plus dur, de ne pas surcharger, et de trouver l'équilibre juste. Parfois, avec un maquillage bariolé, le « trop », c'est la toute petite tâche jaune qui n'aurait pas dû être là. »

– Les cosmétiques : « je commence par les textures, les couleurs. J'essaie toujours d'arriver à un résultat optimal avec un minimum de produits. »

– Le rapport intime au make-up : « quand j'étais enfant, j'étais un garçon manqué toujours planqué dans les arbres. Adolescente, j'aimais en faire beaucoup : les yeux très noirs, la bouche très rouge. On était dans les années 90, où la mode était au naturel. J'ai fait l'inverse. »

– À contre-pied la tendance ? : « inconsciemment, parce que je ne suis pas très intéressée par cette notion de « ce qu'on est supposé faire. » »

– La Cambre : « ça fait 10 ans que je maquille pour ce défilé, 3 ans en tant que chef de cabine. C'est important, car travailler avec des étudiants, c'est plein de fraîcheur et de spontanéité. Ils sont presque dans le fantasme, détachés des contraintes commerciales. Leur liberté est incroyable. »

– S'adapter : « je rencontre les étudiants, on décide du maquillage de leurs modèles en fonction de leur travail global. Ce qui est génial à La Cambre, c'est que le make-up fait partie des accessoires, au même titre que les chaussures ou les bijoux. Ils me montrent leur source d'inspiration, des fleurs, des images, des petits objets. Et ça devient tout un univers. »

– Maquiller pour un défilé, c'est différent d'un maquillage de tous les jours ? : « En termes de températures, on doit s'adapter et lumières précises qui soient chaudes, soit froide. La lumière a une influence directe sur la façon dont les couleurs sont perçues par l'œil. En défilé, les lumières sont souvent dures, car elles viennent de très haut. On doit gérer les ombres portées. On sait aussi qu'il est inutile de passer trop de temps sur de minuscules détails. Le maquillage doit être léger, parce qu'il fait très chaud, et on accentue les trais pour obtenir l'effet voulu même de loin. On peut amplifier les lignes du visage, en jouant avec des textures qui accrochent la lumière : des paillettes, ou au contraire, des matières très mates. »

– L'expérimentation : « je peux mélanger des pigments et de la vaseline, ils proviennent soient de poudre, de blush, de rouge à lèvres, ou de fars écrasés, comme lors de la dernière édition du show de La Cambre. »

Dior, partenaire historique de La Cambre : « ils ont une belle ouverture d'esprit quant à l'approche d'un défilé d'étudiants, arty et expérimental. Tout comme La Cambre est une référence, Dior est une maison d'excellence, nous travaillons en collaboration avec Touch by Dominique, le département Hair & Make-up de Dominique Models. Dior accepte de se détacher de l'esthétique de leur campagne, et nous laisse carte blanche pour l'affiche, le look book, et le défilé. Or, la liberté, quand on est un jeune créateur, c'est précieux."

Show 2015 les 5 et 6 juin, aux Halles de Schaerbeek à Bruxelles. Infos et tickets ici.