Hillary présidente ?

Mis à jour le 20 février 2018 par Juliette Debruxelles
Hillary présidente ?

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Son équipe de campagne l’a annoncé : Hillary Clinton se présente à la présidence des Etats-Unis. Sympa sur le papier. Mais en vrai, cette déclaration sonne comme un gros bad trip.
Parce qu’aux States, la violence des échanges entre candidats ferait passer les clashs des « Reines du Shopping» pour de la poésie de fillettes. Dans les mois qui viennent, Hillary Rodham (son vrai nom, et pas celui de son Bill de mari qu’elle continue pourtant à utiliser en dépit du bon sens) va s’en prendre des étranglements et des plaquages à terre façon combat de titans. Comme les autres. Non, plus que les autres.

Parce qu’elle est une femme, évidemment, mais aussi parce que comme tout bon politicien d’envergure, elle traîne derrière elle un paquet de casseroles. Première dame de 1993 à 2001, sénatrice de l’Etat de New York de 2001 à 2009, battue aux primaires démocrates par Barack Obama en 2008, secrétaire d’Etat jusqu’en 2013, elle n’a plus rien à prouver en termes de luttes de pouvoir, de choix et d’ambition.
Son programme ? Sa vision de l’Amérique pour les années à venir ? C’est pas encore ce qui fait frémir. Parce qu’avant de rentrer dans le vif du sujet, on devra se taper quantité de reportages sur sa réaction à l’infidélité de son mec avec Monica Lewinsky, sur l’évolution de ses coupes de cheveux et sur ses secrets pour conserver un sourire carnassier en toutes circonstances. On la fera passer pour une tarée, pour une hystérique et on parlera de l'âge de sa ménopause plutôt que de ses convictions.
Les tabloïds et les fans de « House of Cards » ne se sentent déjà plus, galvanisés par un Tweet de Frank Underwood :

fa - copie

Hillary Clinton est-elle une bonne politicienne ? Ferait-elle un bon chef d’Etat ? Et si oui, pourquoi ? Une part non négligeable de ceux qui s’enthousiasment ne le savent pas. Si Lena Dunham et Katy Perry saluent cet engagement, c’est avant tout parce que le rêve de voir une femme à la tête des plus hautes fonctions suffit déjà. Une forme de discrimination positive basée sur le genre. Une envie viscérale de croire qu’en pulvérisant ce plafond de verre ultime, son exemple servira de booster à celles qui n’osent pas. Une valeur d’exemple à citer dans les comités exécutifs et les dîners.
Le sexisme ordinaire est une arme à double tranchant, et on compte sur des armées de communicants pour en faire un argument.
Pour le moment, on se contentera d’une déclaration olympique : « Les Américains se sont battus pour sortir d'une période économique difficile. Mais ceux qui sont au sommet continuent à bénéficier d'avantages. Les Américains ont besoin d'une championne, et je veux être cette championne ».
God bless America, avec ou sans coups bas.