Paris Haute Couture : ce qu’il fallait voir aujourd’hui

Publié le 27 janvier 2015 par Elisabeth Clauss
Paris Haute Couture : ce qu’il fallait voir aujourd’huiAlexis Mabille et Schiaparelli
Alexis Mabille et Schiaparelli
Alexis Mabille et Schiaparelli

Schiaparelli qui transcende son retour après 60 années de sommeil, Alexis Mabille et ses fourreaux pour sirènes décomplexées. Et bien sûr, Dior par Raf Simons, renversant.

Elsa Schiaparelli, Italienne, noble et indomptable, a fondé sa maison de couture parisienne en 1927. En quelques années, elle devenait la reine de Paris. Puis la guerre, Elsa est partie aux Etats-Unis rassembler des fonds pour soutenir les enfants de la France Libre. Quand elle est rentrée, elle ne reconnaissait plus la société. L'époque avait évolué, et Christian Dior créait un raz-de-marée. Alors, elle a fermé. Six décennies plus tard, Diego Della Valle, le patron de Tod's, relance la Maison du 21 Place Vendôme où avant-guerre, oeuvraient jusqu'à 700 personnes. Il faut savoir tout ça pour comprendre le miracle de cette collection, la troisième depuis la renaissance de Schiap'.

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Le show s'est ouvert sur un canon de voix féminines interprétant le Bolero de Ravel. Crescendo dans la mélopée, et dans les coupes. Sur le tapis rose - Elsa Schiaparelli avait inventé le "rose shocking", du fushia, n'ayons pas peur des mots - c'est un melting pot d'influences culturelles qui a présidé au stylisme des pièces, hommage aux "femmes du monde", tout entier. Sari revu en drapé dos nu, bijou de cheveux "casquette" sur coiffure en clin d'oeil au streetwear à l'américaine, smoking blanc brodé, robe de mariée façon boubou doré. On a aimé la mélange des genres, sexy, plus léger. La maison, qui aurait pu tenter de reprendre son histoire où elle l'avait laissé, a opté pour une modernité suprêmement chic, non dénuée de recul sur elle-même. C'était gonflé, splendide.

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Plus tard dans la journée, c'est Alexis Mabille qui a révélé son sens de la sensualité travaillée dans la grâce. Fourreaux chatoyants, jupes à traînes, robes de dentelles tellement transparentes qu'on ne voyait plus la nudité à force d'observer le savoir-faire. Cette collection est une ode à la chute de reins, rien de moins. Dita von Teese, qui en connaît un rayon en séduction, se pâmoisait au premier rang, tandis qu'on se sentait pousser des ailes, incrédules, devant la robe de mariée angélique, à la cape architecturée comme pour s'envoler.

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Photos : Nicolas Danhier