Ton père n’est pas d’équerre? Rejoins le team Delphine Boël

Mis à jour le 16 février 2018 par Juliette Debruxelles
Ton père n’est pas d’équerre? Rejoins le team Delphine Boël

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- Le billet d'humeur de Juliette Debruxelles -

"Devenir adulte, c'est pardonner à son père" nous disait Stromae, hier. C'est faux.

Devenir adulte, c'est accepter, joyeux et libéré, de détester son père si ce dernier à tout fait pour celà.
C'est se défaire de la morale, de la psychanalyse, de l'amour obligatoire, de la reconnaissance attendue, et lui offrir un grand doigt bien tendu.
Il pourra toujours s'y asseoir en même temps que sur ses manquements.
Ton père est un nazebroque, un fainéant du sentiment, une ordure?
Pense à Delphine Boël.
Ça te consolera de toutes les fois où tu as crié "papa" avec, en retour, un coup de boomerang bien froid.
Le tien, tu ne le supportes pas? Imagine que Delphine Boël en a deux fois plus que toi.
Deux pères. Le premier, adoptif, qui aurait pris des dispositions pour l'écarter de sa succession. Ce premier à qui elle oppose aujourd'hui une contestation en paternité.
Puis un second. Ancien Roi des Belges désormais violable (avoue, cette expression!).
Un second qui vient d'exprimer fermement qu'il n'était pas à l'origine de l'éjaculation qui a créé une femme magnifique, sensible et courageuse (sauf qu'il ne l'a pas dit comme ça).
Rien ne prouve, jusqu'ici, que son géniteur est Albert. Sauf quelques traits du visage qu'elle a très heureusement rendus gracieux. S'il l'est, pourquoi ne lui accorde-t-il pas le droit de le savoir, une bonne fois. S'il ne l'est pas, pourquoi ne pas faire cesser celà?
Parce que les motivations sont financières, tu crois? Et s'il y en avait de ton côté, du fric à se faire, tu n'en voudrais pas, toi?
Deux pères à petits bras face à celle que rien n'abattra.
Delphine, ils ne t'aiment pas, mais tu as derrière toi des générations de femmes, de filles, d'enfants de leurs parents qui saluent ta volonté de savoir de qui tu es née / ta volonté de prendre le magot / de faire exploser le Palais / de les obliger à sortir de leur carcan polissé. Tes raisons t'appartiennent.
D'ailleurs, dimanche, en famille, on pensera à toi quand on glissera une horreur à l'oreille de l'auteur de nos jours.
Devenir adulte, c'est aussi s'approcher de son père et lui foutre le coup de pied au cul qu'il n'a jamais reçu.
Roi ou pas.