On est tous un peu Charlie

Mis à jour le 16 février 2018 par Béatrice Ercolini
On est tous un peu Charlie

couv

Je pense à Maryse et je pleure.

Depuis près de 40 ans, notre consoeur est la femme et la muse de Georges Wolinski. Grâce à elle, j’ai eu la chance de le connaître lui. Il adorait les femmes, il n’a aimé qu’elle. Il les croquait avec gourmandise et, sous ses airs de séducteur, scrutait leur psyché sans tabou, avec une attention bienveillante.

Son dernier bouquin, mi-roman mi-BD, ne parlait pas d’autres choses. Dans “Le Village des Femmes”, Georges s’interrogeait sur un monde imaginaire, sans hommes, dominé par des femmes se passant très bien des premiers. Quelle audace ! Quelle liberté !

Maryse va devoir se passer de Georges, et nous des douze de Charlie Hebdo. Il n’y a plus rien à dire, sauf à pleurer.

Un attentat qui vise un journal et ses journalistes, ses dessinateurs vise la liberté de la presse. Avec eux c’est l’ensemble des valeurs auxquelles nous tenons qu’il cherche à exécuter. Cela signifie-t-il que nous ne pouvons plus écrire ? Plus entrer dans une librairie, dans un musée ? Dans aucun lieu de culture ou de liberté ? L’année commence dans le noir, et pas seulement pour les journalistes. Il n’y a rien de pire que la bêtise en action avec l’excuse de la religion.

Là dessus, il n’y a pas à pleurer mais à continuer à dire, à dénoncer, à rire de tout et à satyriser. C’est le plus bel hommage que l’on puisse rendre aux gars de Charlie Hebdo.

#JeSuisCharlie

A eux, et tous les autres.

1979664_10153020834549257_106955267204097465_n