Ma mère, c’est Fabiola

Mis à jour le 20 février 2018 par Juliette Debruxelles
Ma mère, c’est Fabiola

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Même qu’elle a brûlé son soutif fin des années 60, avorté une fois en Angleterre, parce que la pilule, c’était pas si simple que ça.
Puis elle a craché sur l’église parce que les curés, ça la faisait angoisser. À cause des coups de règle sur le bout des doigts, de l’internat, de ces trucs là. Une femme de son temps, ma mère. Elle s’est mariée un peu trop jeune, dans une robe en vichy. Elle aimait bien Bardot avant qu’elle ne vire facho. Elle a vite divorcé, parce que son mari ne voulait pas qu’elle bosse. Il lui offrait des appareils électroménagers à Noël, et ça, c’était le pompon. Elle faisait un truc sympa avec ses cheveux, une sorte de mise en plis, blond cendré, comme Claude Gensac, la femme de Louis de Funès dans ses films. Classe quoi. Et libre. Et libérée. Et affranchie. Une meuf engagée pour le droit des femmes, l’émancipation, la liberté individuelle. Loin des contingences, de l’étiquette, des carcans. Le contraire d’une princesse dans son palais. Le contraire d’une reine avec son quotidien surfait.
Ma mère c’est Fabiola.
Mais pas celle qu'on croit.

En réaction au titre de nos confrères de La Libre :
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Illustrations : Pascale Barret
http://www.artsper.com/fr/oeuvres-d-art-contemporain/Photographie/6870/this-is-me-fabiola