C’est qui Jason Wu ?

Mis à jour le 12 février 2018 par Elisabeth Clauss
C’est qui Jason Wu ?

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Le nouveau directeur artistique d’Hugo Boss crée l’événement à chaque apparition. À 31 ans, ce New-Yorkais né à Taïwan devient la coqueluche des médias, et braque tous les regards sur la ligne classiquissime réinventée.

En septembre dernier, il cédait la majorité des parts de sa société éponyme au fond d’investissement InterLuxe. Désormais financé par un géant, le créateur entend développer ses accessoires et sa distribution en ligne.

Créée en 2006, la griffe Jason Wu s’est taillé une légitimité fashion en 2009, lorsque Michelle Obama y a choisi sa robe pour le bal d’inauguration présidentielle. Rebelote en 2013. La même année, il est nommé à la tête de la création de Boss. Son premier défilé, en février, à New York, se déroule dans un décor de troncs de bouleaux, de carrés de pelouse et de bosquets de fleurs blanches. Un style masculin/féminin décliné avec une élégante sobriété. En septembre dernier, pour sa collection automne/hiver 2015, il choisissait le 54e étage de la tour numéro quatre du nouveau World Trade Center. Le rêve américain, ressuscité, et transformé en happening pointu.

Car Jason Wu n’a peur de rien. Ambitieux et affable, il fonce en business comme un faucon à gueule d’ange (ses collaborateurs disent d’ailleurs qu’il plane...). Figure de proue de la nouvelle génération de jeunes designers new-yorkais, le petit garçon qui aimait jouer à la poupée, soutenu et adulé par des parents entrepreneurs, a grandi à Vancouver.

À neuf ans, il reçoit une machine à coudre, qui change son destin. Ça, et l’influence d’une prof d’anglais qui le nourrissait de magazines de mode parce qu’il n’arrivait pas à surmonter les bouquins. « Mes deux premiers mots en anglais ont été “Stephanie Seymour”. » Âgé de seize ans, il coud une ligne de vêtements de poupées, prend le train tout seul pour New York et présente ses prototypes à Integrity Toys, une société de jouets. Il y est engagé. Il bosse le jour, dessine la nuit dans sa chambre d’étudiant. « Je voulais une carrière. J’en voulais une très fort. »

Dix ans plus tard, il habille la première dame des états-Unis et fête l’événement en commandant une pizza Domino. Perfectionniste et infatigable, il répète sa devise : « On peut toujours faire mieux, et mettre la barre plus haut. Il faut que les gens sentent votre énergie. » Hugo Boss n’y a pas échappé...