La journée des filles

Mis à jour le 16 février 2018 par Juliette Debruxelles
La journée des filles

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Ce 11 octobre, la « Journée internationale de la fille » met le doigt sur les discriminations et les abus qui frappent les mineures dans le monde entier. 

Faites le test: parlez de la nécessité d’investir dans l’éducation ou la protection des jeunes filles.

La plupart du temps, on vous répond, incrédule : « Pourquoi faire la différence entre les femmes et les filles ? Et d’ailleurs, pourquoi exclure les garçons ? »

Parce que les mineures sont particulièrement exposées à la violence et aux inégalités. À travers le monde, plus de 64 millions de filles et d’adolescentes sont mariées sans l’avoir choisi, trop tôt. Les complications de grossesse constituent la cause principale de décès chez les 15-19 ans.

Phumzile Mlambo-Ngcuka est secrétaire générale adjointe de l’ONU chargée de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes . On l’écoute : « À l’heure actuelle, une femme sur trois est victime de violences, et plus de la moitié de l’ensemble des victimes d’agressions sexuelles sont des filles de moins de 16 ans. » C’est son département, une branche de l’Assemblée générale des Nations unies, qui a décrété cette date symbolique en 2012.

Cette année, le thème en sera « Briser le cycle de la violence chez les adolescentes », en étroite collaboration avec l’Unicef. Mais il est aussi question – et c’était le thème général de l’an dernier – de mettre le focus sur l’éducation. Sans elle, aucun progrès possible, qu’il s’agisse de la réduction des taux de mortalité et de fécondité, de l’évolution des mentalités ou, tout simplement, de l’installation de la démocratie.

Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, appuie ce constat : « Autonomiser les filles, garantir leurs droits fondamentaux et lutter contre la discrimination et les violences auxquelles elles font face, voilà qui est essentiel pour que les membres de la famille humaine tout entière aillent de l’avant. L’un des meilleurs moyens d’atteindre l’ensemble de ces objectifs est de fournir aux filles l’éducation qu’elles méritent. Dans un trop grand nombre de pays, trop de filles sont freinées dans leur élan du fait de leur sexe. Parmi les filles qui parviennent à fréquenter l’école, nombreuses sont celles qui doivent faire face à la discrimination et à la violence. »

Il est bien entendu nécessaire d’accélérer les progrès pour tous les enfants, indépendamment de leur sexe, mais la « démarginalisation » des filles est un enjeu de taille.

Une journée dédiée, c’est bien sympa, mais n’est-ce pas juste une manière de se donner bonne conscience ? Peut-être pour le citoyen lambda qui n’y pensera peut-être même pas. Parce qu’il n’y a pas eu de détournement marketing de la date, comme c’est le cas pour « Journée internationale de la femme » où fleurissent bons de réduction sur la lingerie et autres roses offertes aux caisses des supermarchés. Mais pour tous les organismes des Nations unies, les États membres et les associations, cette journée est une occasion de mobiliser les bonnes volontés et de financer des idées à la fois pratiques et efficaces : (collaboration avec les systèmes bancaires pour faciliter le versement des salaires des acteurs de terrain et l’octroi de bourses, programmes de parrainage en entreprise, révision des programmes scolaires pour intégrer des messages sur la violence, le mariage des enfants, la santé sexuelle...

Reste que, pour boucler la boucle de l’égalité des chances, on espère une « Journée internationale des garçons » et un focus sur les problèmes spécifiques qui les concernent.

http://www.youtube.com/watch?v=gqS6CIDvP2g