Fashion Week Diary : vendredi 26 septembre

Mis à jour le 29 septembre 2014 par Elisabeth Clauss
Fashion Week Diary : vendredi 26 septembre

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A.F. Vandevorst, un choc de beauté. Maison Martin Margiela frais et sexy, Issey Miyake toujours poétique. Et Hussein Chalayan jouant sur les messages. Une journée riche et intéressante pour la mode à Paris.

1 - Le défilé le plus vertigineux : A.F. Vandevorst

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On commence par la fin, avec le dernier show de la journée. An Vandevorst et Filip Arickx avaient planté un décor de haute montagne, avec nuages de fumigènes accrochés aux sommets de rochers de cinéma. Au fond de la scène, la projection d'un fokker en vol. La collection : inspirée du parachutisme. Une idée de liberté (qui finit terre-à-terre), encore.

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C'est une robe en toile et forme de parachute, donc, qui a ouvert le show. Kaki, avec une traîne de bien cinq mètres. Les filles gainées de cuissardes proprement hallucinantes, lacées, à talons compensés en corde d'espadrilles et grimpantes jusqu'à l'aine, s'enfonçaient dans la brume du catwalk.

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Robes en plumes de pintades, vestes en tissus techniques légers comme un duvet, modèle après modèle, la mode belge prenait un peu plus de hauteur.

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Dans la salle, il y a eu des larmes. Après des jours de fatigue accumulée et un p'tit verre de blanc en fin d'aprèm certes, mais une émotion qui a fuit par les yeux quand même. Etaient-ce les tailleurs à sangles de para ? Les manteaux peignoirs satinés ? Le jumpsuit en cuir corail ? La chute, c'est que les deux Anversois ont été acclamés.

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Nous étions accompagnées d'une lectrice, Julie, qui suit l'équipe du ELLE pour "24h de fashion week", en prévision d'un numéro spécial lectrices à paraître au printemps. Pour son premier défilé, la jeune femme a démarré par la pointe de la cime (elle n'est toujours pas descendue).

An Vandevorst, Julie et Filip Arickx
An Vandevorst, Julie et Filip Arickx

Un show qu'on s'est pris en pleine figure, la bouche ouverte et pris du vertige du parachutiste.

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2 - Le défilé le plus frais : Maison Martin Margiela

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Pour ouvrir le show, un remix d'Assassin de la Police avec Edith Piaf (les libertés que prennent certains producteurs avec l'oeuvre de gens qui ne sont plus là pour donner leur avis laisse pensif. Mais là n'est pas le sujet).

La collection, très aérée - tout petits shorts, jupes fendues en biseau, robes-peignoirs à traine ouvertes sur des jambes interminables, annonçait une saison très en peau et en sensualité.

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D'ailleurs, le choix des coiffures, cheveux mouillés collés en désordre à la nuque, pouvait préfigurer la baignade ou la sueur après la rencontre des corps. Allez savoir. Comme toujours dans la Maison aux 3 M, le studio a joué des codes du trompe-l'oeil. La bonne idée à piquer : le foulard noué dans le dos pour former un corset de soie. On a retrouvé ici le côté "effiloché pas fini" qui fait fureur sur les podium entre Milan et Paris mais comme c'est Martin Margiela qui a popularisé le concept, eux, ils on le droit.

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Enfin, on pourra adopter la robe en maille translucide fushia, pour exprimer qu'on est une fille culottée.

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3 - Le défilé le plus poétique : Issey Miyake

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A chaque fois, on se croirait dans un film de Hayao Miyazaki qui passerait au ralenti.

Pour mettre la foule pressée dans l'ambiance, un artiste a consacré cinq minutes à tirer des ballons blancs du plafond vers le sol, à l'aide des rouages de projecteurs de cinéma. Avec des bruitages de films d'Harold Lloyd.  Lenteur et contemplation, le ton de la collection qui dansait autour des filles par les jeux des pliages maison donnait le ton. Vêtements origami couvrant, pas sexy - ce n'est pas l'idée - mais confortables.

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Quelques silhouettes rappelaient le travail de Louis-Gabriel Nouchi, jeune diplômé de La Cambre, lors de sa 4ème année :

Issey Miyake SS15
Issey Miyake SS15
Louis Gabriel Nouchi 2013
Louis Gabriel Nouchi 2013

Ah oui, les mannequins souriaient. Alors, nous aussi.

4 - Le défilé le plus engagé : Hussein Chalayan

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Le créateur turc vivant en Grande Bretagne a été qualifié par le Vogue américain de « premier designer intellectuel de sa génération ».

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Sa collection, toute de fluidité et de lignes soulignant la féminité sans la malmener, réservait pour le final un modèle de robe longue, bras nus, décolleté, empiècement de tissus à prints différents, et sur tout un pan, l'image d'une femme voilée.

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La confrontation du corps vu à travers le prisme de ses différentes cultures, et l'expression d'un paradoxe d'époque, résumé en un print sur quelques centimètres de soie. Qu'on ne vienne pas nous répéter que la mode, c'est que des nippes...

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Photos © Nicolas Danhier