Les Belges à Paris : Cédric Charlier et Dries Van Noten, liberté et volupté

Publié le 25 septembre 2014 par Elisabeth Clauss
Les Belges à Paris : Cédric Charlier et Dries Van Noten, liberté et voluptéCédric Charlier et Dries Van Noten
Cédric Charlier et Dries Van Noten
Cédric Charlier et Dries Van Noten

Deux créateurs, deux générations dans l'émergence de la patte belge. Le premier voulant faire oublier la coupe pour n'en retenir que la fluidité, le second en pleine invention du hippie à l'anversoise.

Dans la première partie de son show, Cédric Charlier a présenté des vestes comme en phase intermédiaire du travail du tailleur : finitions savamment effilochées, surfilage apparent. La première étape de sa recherche d'expression de liberté. Puis, des silhouettes floutées, bleu dragée, rose thé, vert émeraude, et de subtiles superpositions de matières et de couleurs, pour une douceur enveloppante et bichrome. Pourtant, sous les volants drapés, on ne voyait que la peau et la femme, dégagée de ses contraintes par les assemblages symboliques.

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La collection de l'été prochain, solaire et élégante, malgré le floutage organisé, reste structurée.

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Les chaussures, sandales ornées de boules comme des baies mûres (celles couleur cuivre !) et de gros noeuds de cuir, sont pensées sur des semelles de caoutchouc cranté : féminin, romantique, et bien ancré dans la réalité.

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Cédric Charlier affirme, chaque saison, un peu plus sa modernité.

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Cédric Charlier
Cédric Charlier

Dries Van Noten a quant à lui revisité les seventies tellement en vogue pour 2015, à sa façon ethno-luxe. Sur un long tapis semblant fait de mousse des bois (mais bien en laine douce), les filles ont défilé au son de chants d'oiseaux, Hanne Gaby et son air romantique et grave en ouverture.

Mousselines fluides et confortables, assemblages de brocards et larges rayures horizontales, il se dégageait de ce défile - donc de la collection - une sensation de bien être un peu flottant.

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Légèreté des matières et couleurs chaudes, les pièces chatoyaient comme l'eau du ruisseau qu'on s'attendait à voir couler, ou comme les bijoux de Kanye West, au premier rang, en jean déchiré. Discret et courtois, dans la foule compacte qui se pressait hors de la salle à l'issue du show, il s'est poliment faufilé.

Instagram @hotelfashionland
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Mais revenons à nos faons. Sarouels colorés et imprimés foulards, cette collection semblait asseoir l'ère de la sagesse.

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D'ailleurs les mannequins ont elles-mêmes fini alanguies dans l'herbe de laine feutrée, formant un charmant tableau que n'aurait pas renié Botticelli pour son "Printemps" 1482 à lui.

Le Printemps/Ete de Dries Van Noten
Le Printemps/Ete de Dries Van Noten
Le Printemps de Botticelli
Le Printemps de Botticelli

Une présentation saluée par une ovation, le sacre du Printemps de Dries.

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Photos © Nicolas Danhier