Fashion Week Diary : Milan vendredi 19 septembre 2014

Mis à jour le 21 septembre 2014 par Elisabeth Clauss
Fashion Week Diary : Milan vendredi 19 septembre 2014

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Une journée pleine de petits bonheurs tout simples : valises retrouvées, beignets de fleurs de courgettes au déjeuner et défilé spectacle tout droit sorti de la 4ème dimension chez Philipp Plein.

Après 2 jours sans bagages, nous avons retrouvé nos effets, mais pas perdu le nôtre : écumer les défilés milanais en tee-shirts à touristes et sans se défiler, ça nous a filé le genre de pêche qu'il faut pour attaquer Paris dans 3 jours. Parce que de l'humour, il en faudra.

En attendant, niveau second degré, on a été servies vendredi soir par :

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1 - Le défilé le plus mégalo (mais mené de mains de maîtres) : Philipp Plein

Les shows du designer allemand à l'empire fondé sur des skulls en Swarovski sont toujours attendus avec une impatience croissante. De la part des "gens de la mode", parce qu'ils feraient passer un concert de Lady Gaga pour une partie de Bingo dans une maison de retraite, et par les clubbers de tout Milan, parce que s'en suit chaque saison une fête à tout casser.

Pour la présentation de sa saison printemps/été 2015, Philipp Plein a de nouveau fait le plein : salle ultra-über-bourrée, bousculade à l'extérieur, piétinements à l'intérieur. Chippendales huilés dans une piscine de boules de polystyrène dans le hall, et décor d'abysse soigneusement mis en scène, avec sable noir fin au sol (compliqué avec des escarpins, on s'en mettait partout, mais on était de toute façon là pour se faire chatouiller).

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On n'avait encore jamais vu ça : 5 rangées de journalistes, blogueurs et photographes étaient assis par terre, le fondement dans le sable - alors que leur tenue ne s'y prêtaient pas vraiment - aux pieds des gradins blindés d'observateurs au coude à coude. Non, je dois dire la vérité : cuisse à cuisse.

Le service d'ordre avait 52 de tension. Les photographes, qui arrivent en général un peu avant les défilés, avaient été convoqués 7 heures avant le lancement des festivités.

On ne savait pas à quoi s'attendre. On a tout entendu : "Il y aura un showcase de Beyoncé et Jay Z", "Ils vont faire venir des loups et des tigres".

Rien de tout cela. Lorsque le son et lumière a démarré, on s'est retrouvés dans une crique, dans une ambiance sous-marine psychédélique. Comme on nageait au milieu d'une marée humaine, ça tombait bien.

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La musique, ce n'était pas des hip-hopers américains, c'était un philharmonique électro, live sur scène. Enfin sous l'eau.

Et puis, les vêtements. Il faut avouer qu'on s'attendait au cuir irisé, aux studs et aux brillants qui font le succès de Philipp Plein, et le bonheur de ses centaines de milliers de fans - son entreprise est extraordinairement florissante, comme quoi, la mode intello, hein, mais je m'égare à scier la branche sur laquelle je m'assieds chaque jour en amazone et en robe noire.

Mais on a vu défiler, gracieusement, des jeunes filles en robes de prom', quasi des ballerines. Robes 60' à jupe à paniers, du noir, du blanc, du noir et blanc, du sobre. Très joli. Il y en a même eu une, longue, noire, brillante, fendue, qu'on se serait bien vues porter.

On était surprises par les robettes de tennis en dentelle noire, les simples jupes évasées, pas de sexy à outrance. Quand on a vu passer le perfecto matelassé rouge, on s'est demandé, "et si ?..." Bien sûr, sur la fin, ça glittait un peu, mais la robe toute en brillants rouges, elle était tentante, parce que radicale, avec un brin d'humour et de légèreté. Le cat suit bleu en brillants, c'était un statement. Le sac over over over size, un pied de nez aux mini réticules (quasi ridicules) qui fleurissent aux hanches des filles lancées de Milan (donc ça va venir chez nous, contrairement à l'été indien).

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Sur le building moderne de bureaux d'en face, se dessinait en lettres de lumière le logo de PP.

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Ce type se prend pour Batman. Il a raison, au fond : comme son alter égo redresseur de tort, il a compris que la scéno maîtrisée, le costume sexy et le culot dans le vestiaire, on en raffole tous à un moment donné.

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2 - Le défilé qu'on va résumer en une phrase : Iceberg

Qui nous a laissées de glace.

A part ceci...

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3 - Le défilé élégant : Sportmax

Comme à l'accoutumée, la ligne petite soeur de Max Mara reprenait la sophistication de la maison, avec un ADN urbain, une touche légère et ludique. Mais la même élégance, sobre, féminine et transversale qui se démarque chaque saison du pan "sexy-cropped-fluo-fleuri" de Milan.

Pour l'été 2015, Sportmax a donc décliné sa collection en robes-paréos nouées, à la façon de sorties de bain ou de kimonos, avec des coupes floutées et des motifs comme peints à la brosse. Nonchalant, ravissant.

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4 - Le défilé samouraï hippie pour jeunettes sexy qui n'ont pas froid aux yeux (qui n'ont pas froid tout court) : Blumarine

Des fleurs brodées sur tulle, et avec toute cette transparence, la peau qui devient le vêtement. Pas minimaliste pour autant. Ça non.

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5 - Le défilé délicat, cherokee chic et cohérent : Etro

Bande son total Doors (d'époque), et influence seventies assumée du côté des indiens, avec franges, ponchos et robes imprimées foulards. Pour être premier degré, c'était frais. Patchworks brodés de motifs amérindiens, le total look proposé par Etro reste subtil et féminin. Ces robes fluides et gaies, elles peuvent aller à tout le monde, ce qui n'est pas le cas de tout le prêt-à-porter (malgré son nom). Très Coachella-style, on s'imagine que les filles, à l'allure saine et aux cheveux lâchés, sont parties au show suivant à cheval. Et à cru.

Etro sort de sa réserve. D'Indiens.

Elisabeth Clauss et Elsa Fralon