Qui sont ces jeunes femmes qui recrutent pour l’Etat Islamique ?

Mis à jour le 16 février 2018 par ELLE Belgique
Qui sont ces jeunes femmes qui recrutent pour l’Etat Islamique ?

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L’Etat Islamique en Iraq et au Levant (EIIL) ne compte pas que des hommes dans ses rangs. Qui sont celles qui en font la propagande à coup de tweets ?

« J’aurais voulu le faire moi-même », « Je suis si fière de leur ‘message à l’Amérique’ #baqiyah ». Voilà les tweets qui accompagnent les photos des journalistes sauvagement décapités par les soldats de l’Etat Islamique en Irak et au Levant.

L’organisation terroriste ne cesse d’intensifier sa campagne sur internet. Fait surprenant: ce sont des Occidentales qui jouent un rôle clé dans cette propagande sur les réseaux sociaux. Katie Zavadski, journaliste du New York Magazine online, a récemment suivi leurs déclarations sur la toile. Elle constate que ces jeunes filles, d’à peine 20 ans, se rencontrent sur Twitter, Tumblr et Kik Messenger où elles échangent des versets du Coran et des nouvelles sur l’avancée de l’Etat Islamique. Les plus ferventes d’entre elles vont jusqu’à quitter l’Europe et l’Amérique du Nord pour la Syrie, dans l’espoir de se marier à un soldat de l’EIIL.

Parmi elles, Umm Ubaydah (@AL_Khanssaa). Depuis la Syrie, elle donne des conseils à celles qui envisagent de la rejoindre: comment faire sa valise, à quoi il faut s’attendre et comment éviter d’être repérée durant leur voyage. Probablement d’origine somalienne et ayant grandi dans le nord de l’Europe, Umm Ubaydah maîtrise le langage du net aussi bien en arabe qu’en anglais. Ses messages de propagande sont souvent agrémentés de smileys et de « LOOOL ».

©Katie Zavadski - Capture d'écran
©Katie Zavadski - Capture d'écran

Recruteuses au foyer

Umm Ubaydah et ses amies assument un rôle très traditionnel. Elle passent beaucoup de temps à rappeler aux musulmanes occidentales quelles sont leurs obligations, notamment, celle de venir rejoindre les rangs de l’EIIL. Umm Ubaydah parle de mariage, d’avoir des enfants et de les élever en futurs petits djihadistes. À côté de cela, elle explique qu’il n’y a pas grand chose à faire pour les femmes en Syrie et en Irak. Elle n’appelle pas les femmes à la rejoindre pour se battre mais plutôt pour s’occuper de la maison et surtout, recruter d’autres femmes en ligne. La journaliste Katie Zavadski a rencontré Mia Bloom, professeur à l’université du Massachusetts et auteure d’un livre sur les femmes kamikazes : selon elle, ce nouveau rôle de ‘recruteuses au foyer’ est le signe du succès de l’EIIL. Ils n’ont pas tant besoin d’hommes pour combattre mais de femmes pour renforcer la motivation dans les rangs.

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Les jeunes filles postent souvent des photos avec leurs amies...méconnaissables.

L’article de Katie Zavadski n’est pas passé inaperçu auprès des jeunes militantes. Elles n’hésitent pas à se moquer ouvertement des journalistes.

Aujourd’hui, le compte Twitter d’Umm Ubaydah a été supprimé.

À les lire, ces jeunes filles pensent avoir pris le pouvoir au Moyen-Orient mais également sur les réseaux sociaux. Pourtant, leurs déclarations très ‘trash’ les exposent à un procès dans leur pays. Mais voudront-elles un jour revenir…?

Maude Lebon