8 raisons coquines de redécouvrir Marguerite Duras

Publié le 21 août 2014 par Elisabeth Clauss
8 raisons coquines de redécouvrir Marguerite Duras

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Parce qu'il n'y a pas que par la chick lit et dans les 50 nuances de la vie de bureau qu'on peut être émoustillée.

À l'occasion du centenaire de la naissance de l'auteure française subversive et passionnée, la journaliste Laetitia Cénac retrace sa vie, intimement mêlée à son œuvre dans une bio illustrée comme un journal. On y (re)découvre que :

1 - Ravissante dans sa jeunesse, c'était une femme à hommes. Robert Antelme, son mari, devint rapidement son meilleur ami. Elle rencontra ensuite le séduisant Dyonis Mascolo, le père de son fils. Ils vivaient tous ensemble, l'ex et le nouveau, dans un grand appartement à Saint-Germain-des-Prés. Dans cette maison communautaire, on écrivait, on faisait la fête. La tribu de Duras, « le groupe de la rue Saint-Benoît » cohabitait avec celle de Jean-Paul Sartre. Tout le monde était sous le charme de Marguerite : elle chantait, elle torréfiait le café, elle rédigeait, elle cuisait des gâteaux. Au milieu de toute cette troupe qui l'adorait, elle collectionnait aussi les amants.

2  - C'était une couguar : elle a fini sa vie avec un homme 30 ans son cadet. Il avait 28 ans, elle 66 au moment de leur rencontre, et il restera son compagnon durant 16 ans.

3  – Elle s'entendait merveilleusement bien avec les homosexuels : son dernier amoureux, Yann Lemée, notoirement gay (avec qui elle aura toutefois des relations intimes) devint également l'un des héros de sa littérature, digéré dans son œuvre. Marguerite Duras fusionnait tous ses sentiments. Ils s'aimaient d'amour. Un jour, alors qu'elle lui faisait une scène, il la traita de « pute de la côte normande ». Elle en a tiré un livre.

4 - Elle était kinky : dans de nombreux textes érotiques, comme « L'Homme assis dans le couloir », un récit très cru, émaillé de composantes SM, elle intégrait une dimension charnelle, crue et bien tournée (ça va rarement ensemble).

5 - Elle aimait l'amour vache, dans  « Moderato cantabile » ou « Hiroshima mon amour ». Alors qu'elle a une quarantaine d'années, son amant du moment, Gérard Jarlot, journaliste et écrivain de 10 ans plus jeunes qu'elle, la mèna vers une révélation physique. Il l'entraîna aussi dans la boisson, et dans des pratiques très pimentées. Même après leur séparation, elle continuera à boire.

6 - Elle a  abordé la question de l'inceste : dans son texte Agatha, elle met en scène une relation amoureuse fantasmé, probablement avec son jeune frère. Longtemps avant Christine Angot ou Marie Darrieussecq, elle était la reine de l'autofiction subversive.

7 - Elle aurait aussi goûté aux plaisirs du saphisme. A y être.

8 - A 15 ans, vivant à Saïgon avec ses parents, elle prit un amant chinois. Relation dont elle parle dans "L'Amant", où elle évoque comment sa mère « la prostituait » contre  des cadeaux. Dans les années 30, c'est la transgression absolue. L'a-t-elle vraiment vécu, ou imaginé ? Selon Edgar Morin : « c'était une grande mythomane ».

Voilà qui se posera là lors des débriefes de vacances avec votre voisine fan de Sudoku (même si dans "Sudoku", il y a...)

Marguerite Duras, l'écriture de la passion, par Laetitia Cénac. Ed. La Martinière.

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