Pourquoi (et comment) Ryanair a voulu me tuer

Mis à jour le 16 février 2018 par ELLE Belgique
Pourquoi (et comment) Ryanair a voulu me tuer

ryanair

"C'est la plus grosse trouille de ma vie, et pourtant, je prends l'avion 30 fois par an".

Pendant qu'une douzaine d'imbéciles applaudissent après un atterrissage très approximatif, mon voisin de gauche me fait part de sa panique.
Nous avons touché le sol par miracle, après avoir rebondit trois fois.
C'est à ce moment là que j'ai uriné sous moi.
C'aurait pu être un incident si ça ne s'était pas reproduit au retour. Mais ça s'est reproduit au retour.
Ryanair a voulu me tuer.
Plusieurs fois.
Ryanair a voulu me rendre épileptique en me jetant aux yeux l'acidité des couleurs sursaturées de son site internet.
Ryanair a voulu me faire perdre le sens commun en me faisant cocher/décocher/recocher les cases d'acceptation de conditions générales, d'assurances, de bagages, d'absence de bagages, durant la réservation.
Ryanair a mandaté des excités pour me piétiner dans la file du "même pas speedy boarding" au lieu d'attribuer à chacun un numéro de siège. (Une bien belle invention, le numéro de siège).
Ryanair a tenté de me faire écraser par des véhicules utilitaires sur les 200 mètres à pieds de tarmac qui séparent le terminal et l'avion, le tout sans surveillance, au lieu de me faire monter dans un bus pour garantir ma sécurité.
Ryanair a essayé de me boucher les artères en plein vol en me proposant, pour me sustenter, hot-dog, cheeseburger et autre sandwich aux boulettes de viande (de quoi?) accompagnés de chips, sodas et barres chocolatées. (J'ai demandé une pomme à la fille déguisée en "femme d'ouvrage" - une hôtesse je crois - mais elle n'a pas compris).
Ryanair a voulu me supprimer en vol, et avant, et après, en compagnie d'une centaine de gens plus ou moins bien habillés, plus ou moins bien élevés, plus ou moins capable de taper dans les mains à la demande (ça s'appelle l'enfer).

64euros (hors bagages de soute), c'est pas cher payé pour une immersion aux frontières du réel. 64euros ( hors bagages de soute), c'est cadeau pour voir la grande lumière blanche au bout du tunnel.

Il y aura un de ces jours un accident. Un de ceux qui secoue la nation sur plusieurs générations. Tout le monde le sait, mais tout le monde continue a s'entasser pour trois fois rien dans des carlingues qui brinquebalent en priant saint-statistique. Je te le dis, mais c'est aussi l'avis de la moitié des 2500 pilotes (selon les chiffres annoncés officieusement) qui se sont rassemblés en un syndicat non reconnu par la compagnie low cost. Ils dénoncent les conditions de travail et réclament une enquête pour évaluer les conditions de sécurité et remédier aux manquements manifestes. Les comptes Twitter et Facebook gérés par ces pilotes en colère ont été supprimés à la demande de la compagnie, comme si faire taire les principaux témoins allait rassurer les usagers.
L'année prochaine, je te le dis, je paye plein pot mon billet et je vole sur une compagnie qui fait gaffe à ma vie.

Juliette de Bruxelles