Pourquoi faut il aller voir The Congress ?

Mis à jour le 15 février 2018 par Elisabeth Clauss
Pourquoi faut il aller voir The Congress ?

Execution 1

Il pourrait devenir le  The Wall d'une génération et on va vous donner 5 autres bonnes raisons d'aller le voir.

Ari Folman, le réalisateur de Valse avec Bashir, a adapté un roman de SF des années 60 de Stanislas Lem, Le Congrès de futurologie. Une fiction – on le sait aujourd'hui – visionnaire, où il était question d'une industrie chimique qui contrôlerait un jour nos émotions.

Folman a modifié la trame de départ, pour imaginer un monde où les grand studios de cinéma hollywoodiens achèteraient pour 20 ans l'image d'acteurs, et à partir de leurs corps scannés, leur feraient jouer n'importe quel rôle, sans qu'ils ne risquent de vieillir, de faillir... ou de refuser.

Robin before the scanning

Ici, la sublime – et pour de vrai inoxydable - Robin Wright joue son propre rôle, et se retrouve malgré elle embarquée dans un monde virtuel animé dans lequel ni le bon sens, ni le libre arbitre n'ont plus leur place. Elle tente d'y trouver des repères, de retrouver son fils malade, et finalement d'exister en dehors de l'image figée d'elle-même qu'elle a vendu sans en mesurer toutes les conséquences.

Lobby

Commençant comme un long métrage classique, voici que le film ripe dans l'animation futuriste, où les dessins sentent les années 30. On flirte avec le surréalisme, avec la peur du fascisme, celle du jeunisme (elles sont parfois liées). Porteur de questions philosophiques sous une esthétique de dessins animés japonais de notre enfance (en tout cas la mienne, au début des 80'), qu'on adhère ou non, The Congress est de toute façon interpellant. Allez-y, parce que :

1 – Les scènes animées sont bourrées de références à l'histoire du cinéma, avec un hommage appuyé à l'oeuvre des frères Fleischer dans les années 30 (comme vous le savez), et qu'à la façon d'un « Où est Charlie ? », on ne peut pas s'empêcher de les chercher.

Flying

2 – Toutes les animations ont été dessinées à la main, dans 8 pays différents : 55 minutes de cartoon ont nécessité 2 ans et demi de boulot, avec une équipe de base qui abattait 24h/24, 7j/7. Le réalisateur témoigne que « au cours de ce processus, nous avons découvert que le sommeil est pour les mortels et l'animation pour les fous furieux ! » Ça vaut le coup d'oeil.

Grace

 3 – Deux structures belges ont joué des rôles importants dans la conception des images : pour l'animation, Walking the Dog à Bruxelles, et pour les effets spéciaux, Mikros Image à Liège. Du côté de la production, Diana Elbaum, coproductrice pour la société Entre Chien et Loup, a été impliquée très tôt dans le montage de la production, et sera partenaire du prochain film de Ari Folman.

4 – Pour être prévenus le jour où ça explosera pour de bon. Lorsque Ari Folman a visité à Hollyuwood des studios pour trouver le décor de la scène où Robin Wright allait être « scannée », il a découvert... que ça existait.

Scanning 2

5 – Ce film psychédélique et superbement réalisé pourrait devenir, à un certain niveau, le « The Wall » d'une génération qui n'a pas l'intention de se laisser désubstantifier.