Paris haute couture : Jean-Paul Gaultier, ses femmes réellement fatales.

Mis à jour le 21 janvier 2018 par Elisabeth Clauss
Paris haute couture : Jean-Paul Gaultier, ses femmes réellement fatales.

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Ambiance vénéneuse, clavecin, chandelles et silhouettes vampiriques pour le show de Jean-Paul Gaultier, avec le sens du second degré glamour et envoûtant qui signe les créations de ce metteur en scène de mode.

A la fin de la présentation, on croisait dans Paris de longues silhouettes blafardes, mannequins palotes aux bouches sanguines et aux yeux rougis, de quoi donner du grain à moudre - sans contrepèterie - aux esprits chagrins qui aiment taxer le métier de mauvaise santé. Car la leur était de fer et d'enfer, ces vampirettes échappées du défilé le plus spectaculaire de la semaine, comme à l'accoutumée. Mais revenons vingt minutes en arrière.

Une salle projetée dans un univers des films d'épouvante, mâtiné de références années 80 (pléonasme).

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La musique d'ouverture rappelle la bande son des châteaux hantés de parcs d'attractions, et c'est bien vu, parce qu'on s'apprête à vivre le grand 8 niveau stylisme : c'est si beau qu'on en perd le bas du haut. Des fourreaux à la Elvira, des robes noires et blanches à la Cruella, de sublimes jupes de vison, ou de cuir, mais en crayon.

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Sur quasi toutes les têtes crêpées, d'amples capuchons de cuir et de soie, ou des voilettes d'organza blanc pour veuves noires. On a été renversées par la veste en guipure - brodée dans une crypte ? Sans doute pas, c'est de la haute couture, faut pas charrier - et les vampes-vampires en jupes de fourrure rasée. Les plissés mouvants, pour ainsi dire organiques, semblaient prêts à leur dévorer les jambes, et on a failli pleurer du sang (trop de désir, trop de pression) en découvrant un long manteau noir cintré, mi-étriqué, mi-cape sur le coté.

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L'emblématique bustier métallique de Gaultier s'érigeait en cotte de maille sous un autre fourreau noir, puis on a soupiré devant le tailleur doré, les robes en lamé, et toutes les épaules pointues et exagérées.

Tandis que Jean-Paul s'affichait à Nosferatu et à toi avec le cinéma d'hauteur et non  sans humour, Conchita Wurst, dans une robe de lumière, incarnait une créature sortant de l'ombre très applaudie.

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Finalement, et parce des ténèbres surgit toujours la lumière, et des formules galvaudées une pirouette littéraire, c'est un ange qui a clôturé ce défilé de femmes fatales.

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