Vacances: partir sans bouger de chez soi

Mis à jour le 22 février 2018 par Juliette Debruxelles
Vacances: partir sans bouger de chez soi

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Tout le monde est à Copacabana ? Pas de bad trip : la meilleure façon de profiter de l’été, c’est encore de rester là où on est et de multiplier les activités en s’inspirant de ce qui se fait ailleurs.

Lundi dans le canapé

Plan anti-geek comme à Paris

La ville est déserte et on hésite à poster une menace de suicide sur Facebook ? On déconnecte. Vraiment. Et on s’inspire de l’idée de Guillaume Villemot qui a lancé à Paris le « Festival des conversations ». Objectif : installer des canapés le long de la Seine et encourager le bavardage. On copie ! On sort son vieux Klippan sur le trottoir, sur la terrasse, dans un champ, si la voiture a un coffre assez grand, et on convoque des potes, des voisins, des cousins, des passants. On laisse le charme agir et on résiste à la tentation de dégainer son smartphone pour un selfie. On est ici pour se parler, en vrai, pas pour montrer à la terre entière qu’on l’a fait.

Mardi dans le métro

Pique-nique anti-sexiste comme à Londres

On a faim ? On aime revendiquer ? À nous ces espaces publics où le sexisme et l’insulte sont décuplés. Plutôt que de se goinfrer toute seule sur son bout de balcon, on embarque ses copines pour un happening béton. On détourne, à notre façon, l’initiative de centaines de femmes londoniennes, rassemblées sous le hashtag #ieatontube. Le scandale en vogue qui les fait réagir : un Tumblr (Women Who Eat on Tubes) où sont postées des photos d’elles, prises à leur insu en train de manger dans le métro, et abondamment commentées à coup de « Petite cochonne » et autres « Elle l’ouvre bien grand, la sal*** ».

Bananes, barre chocolatées, sandwichs oblongs, tout fait écho à la provocation, et donne une occasion de rencontrer les harceleurs sur leur propre terrain pour leur faire savoir (gentiment), qu’ils peuvent garder pour eux leurs remarques à deux balles.

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Mercredi, sans bikini

Osé comme à New York

Lecture topless, c’est permis Dans la Grosse Pomme, le club littéraire The Outdoor Co-Ed Topless Pulp Fiction Appreciation Society s’est donné cette mission depuis quelques années. Son slogan : « Brûler les soutifs, pas les livres ». Il faut dire que là-bas, depuis une loi de 1992, la question est affaire d’égalité : les femmes ont le droit, tout comme les hommes, de se promener seins nus en rue. En Belgique, on n’en est pas là, et on ne va pas finir en cellule pour passer le temps, mais l’initiative donne des idées pour retrouver le goût de bouquiner en toute liberté.

On ne finira pas déshabillée au Bois de la Cambre à avaler des chapitres entier d’Emily Brontë, mais rien n’interdit de se plonger dans le roman de l’été à poil dans son canapé ou sur sa chaise longue, bien planquée. Lire nue, c’est un vrai plaisir coupable à tester. Et dans « Le Mépris », même B.B. le faisait...

Jeudi au bureau

Une journée portes ouvertes comme aux States

La moitié du staff s’est barrée, et on reste plantée là devant son poste de travail... C’est pile la bonne occasion pour rendre la journée de labeur aussi fun que décalée, comme ça se fait aux états-Unis. Au programme : petit déjeuner façon Club Med. On s’arrange avec des collègues (tous services confondus, ça fera une occasion de se parler) pour arriver une heure plus tôt et composer ensemble un buffet de folie. Smoothies comme en Californie, fruits à profusion comme sous les tropiques, pasteis de nada portuguais, café serré italien, et playlist de musiques du monde. Plus tard dans la matinée, on prend un quart d’heure pour jouer tous ensemble au « Si j’étais sur une île déserte ». On égraine chacun la liste de ses cinq indispensables (bouquins, musique...), et on se marre. À midi, on invite les amis, et entre deux bouchées de sandwich, on organise une visite guidée de son lieu de travail (le chef de la sécurité est à Papeete, de toute façon).

Durant l’après-midi, on transforme la cuisine collective en bar à cocktails sans alcool, avec morceaux d’ananas et parasols ! S’il fait chaud, on improvise des tournées de brumisation, on se donne la permission de se déchausser (oui, même Jean-Jean de la compta), on télétravaille plus que de raison. Et surtout, on ne ramène pas de boulot à la maison.

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Vendredi nature

String garden comme au Japon

Nickel pour reconnecter son côté créatif et sa propension à la glandouille. Il s’agit de créer une boule de mousse, d’herbe et de terreau sous une plante à l’aide d’une jolie ficelle. Sur www.stringgardens.com, on trouve plein d’inspiration et un tuto pour savoir comment arroser la chose en la trempant un moment dans une bassine et en la laissant égouter. C’est beau, c’est zen, c’est inspiré du kokedama (un art japonais), ça fonctionne même en appart’ et c’est carrément branché.

Samedi au golf

Sporty arty comme en Ecosse

La Compétition de Golf Urbain organisée en mai dernier au Bar Recyclart et dans les rues de Bruxelles, c’est l’event inspirant par excellence. Le Street Golf, ce n’est pas un truc d’initiés, de nantis et de filles à papa. C’est un truc carrément en vogue, parti d’Edimbourg, en Ecosse, LE pays du golf, et en plein développement. On profite de l’été pour se mettre à niveau, tranquille, avec quelques potes. Des clubs classiques (fer 5, Sandwedge ou fer 7), des balles spéciales semi-rigides pour jouer en toute sécurité (pas question de défoncer une vitre ou un passant, l’esprit de ce sport, c’est aussi de rester friendly), et c’est parti pour un parcours urbain que l’on aura défini. Tirs dans une fontaine, entre les barreaux d’un banc public, dans une poubelle... Créatif, amusant et addictif.

Dimanche sacré

Lâcher-prise lazy comme à Sydney

Ça ressemble au pire jour de l’été, parce qu’il n’y a personne en dehors des parc bondés ? Faux. Si on a besoin de se reconnecter à l’humain sans pour autant avoir envie de s’envoler vers un club de vacances , c’est possible. Il n’y a qu’à voir du côté des nouveaux mouvements qui secouent les pays anglo-saxon. Une réunion dominicale qui emprunte à l’Eglise ce qu’elle a de plus fun (chants, contact, partage de textes, rassemblement), mais sans aucune connotation religieuse ou sectaire. La Sunday Assembly, crée à Londres par Sanderson Jones et Pippa Evans, c’est une heure de lâcher-prise hebdo entre gens de bonne volonté. Quelque chose de sacrément enthousiasmant qui fait des petits à travers le monde (Sydney, Paris, New York, bientôt Bruxelles... plus de 70 congrégations à ce jour).

On y croise des poètes, des philosophes, des entrepreneurs, des créateurs, des artistes, tous venus là pour partager un chouette moment en parlant d’art, de science, de diversité. L’idée de l’été en attendant des lieux dédiés partout en Belgique : filer au Life & Celebration. Un nouveau concept bruxellois qui permet de s’éclater en prenant soin de soi les dimanches matin, une fois par mois. Initiation au hatha yoga, jus détox à la spiruline, immersion musicale orchestrée par un live DJ et menée par un danseur professionnel et son équipe, pour 2 h de danse non-stop.

On paie 20 €, on vient comme on veut, en tenue sportive ou clubbing, on se débarasse des frustrations, on se réénergise et on rencontre plein de gens.

Infos et inscriptions www.facebook.com/lifeandcelebration, ou lifeandcelebration@gmail.com