Paris fashion Week : Cédric Charlier, ondoyante réflexion (de la lumière)

Publié le 26 février 2014 par Elisabeth Clauss
Paris fashion Week : Cédric Charlier, ondoyante réflexion (de la lumière)@eletrikhman
@eletrikhman
@eletrikhman

Pour sa collection automne/hiver 2014, le créateur belge aux lignes sensuelles quoique sans concessions, a exploré l'univers chatoyant (hypnotisant) des reptiles.

Au départ de cette saison, une envie présente (rampante) depuis longtemps de réinventer des textures de matières (muer), et de jouer avec les effets d'optique. En collaboration avec un photographe, Cédric Charlier a projeté des images de reptiles, gros plans d'écailles et espèces mouvantes, puis a cherché comment reflecter la lumière sur un nouveau support de cuir et de textile.

Le fruit de cette expérimentation (éclosion) compose une collection ambigüe, oscillant sur le masculin-féminin avec de longs et amples pantalons et jupes-culottes agrémentés d'un volant droit appliqué sur le côté, on dirait presque des oreilles de cobra (je me comprends). Dans ce vivarium vivace de création régénérée, on a vu beaucoup de blanc et de vert émeraude passé, du rose framboise atténué, et dans les imprimés et les volumes, des écailles suggérées. On a adoré la technique du lasercut-pincé-recousu (ça ne s'appelle sans doute pas comme ça, mais vous saisissez l'idée, surtout grâce à la photo).

@eletrikhman
@eletrikhman

Et puis, les bottes.

Les bottes, incroyables, raides, vernies, hautes et béantes sur le genou, avec une ligne (langue) fine appliquée sur l'avant, et ce fameux volant (repli) sur l'arrière. L'émotion d'une paire couleur vert bouteille.

@collete_r
@collete_r

Les manteaux aussi, en laine et cachemire, imprimés d'écailles réinterprétées sur l'échine, les hauts bi-matières-bi-colores, tout en nuances, et ces robes à écailles renvoyant les flashs des spots, limite disco, mais limite seulement.

@collete_r
@collete_r

Là où d'aucuns verraient de cet oversized galvaudé, Cédric Charlier a exprimé de l'ampleur et de la souplesse.

Les cheveux des mannequins, imbibés de brillantine, et leur bouche rayonnante de gloss aux reflets de fruits rouges, soulignaient l'intention charnelle du défilé.

La bande son, signée Darko, était émaillée de bruissements de serpents à sonnette. Pourtant, rien d'oppressant dans ce moment : juste la certitude que de toute cette rondeur, de ce cocon éclaté, ne peut émerger qu'une sophistication mordante.

@eletrikhman
@eletrikhman