Le genre, ce n’est pas le sexe (et inversement)

Mis à jour le 16 février 2018 par Juliette Debruxelles
Le genre, ce n’est pas le sexe (et inversement)

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Quand tu le sais, c’est évident. Quand tu ne le sais pas, tu ne comprends pas avec quoi on vient. En France, on ne parle que de ça. Alors retiens ces 5 points pour ne plus sortir d’énormités quand tu es à table avec des gens mieux informés. 

1- En gros, le sexe de quelqu’un, ce sont ses attributs physiques. On est une femme ou un homme en fonction des différences génétiques, biologiques. Les testicules, le vagin, l’utérus, le pénis, tout ça. Une réalité anatomique.

2- En vrac, le genre de quelqu’un, ce sont les caractéristiques que l'on attribue à chacun des deux sexes.
Toutes ces petites idées qu’on (certains plus que d’autres) a bien enfoncées dans la tête depuis la nuit des temps et qui varient que l'on vive à New York ou au Caire. Ça n’a rien à voir avec les caractéristiques biologiques des hommes et des femmes, ça a à voir avec ce que la « société » propose ou impose. Et ça se reflète dans la manière dont on élève nos enfants, dont on se positionne dans la hiérarchie d’une boite, dont on se comporte à la maison.
Ainsi, certains (les sexistes de tous poils) ont tendance a penser que les gars sont plus balèzes en sport, que les filles ne savent pas conduire, que les hommes aiment se battre, que les femmes adorent les potins. Que les filles disent « non » quand on leur met la main dans la culotte de force, alors qu'en fait, elles pensent « oui ».

 3- Le sexe et le genre, ça n’a donc rien à voir. 
Le second terme est une interprétation du premier.

4- Mais il y a des gens qui pensent le contraire. En général, ces gens, on les retrouve au « Petit Journal », filmés dans des manifs de réac’, et on se marre bien de leur poire parce qu’ils débitent des énormités. Eux, ils ne veulent pas que l’on différencie le sexe et le genre. Ils aimeraient bien qu’on reste « chacun dans nos rôles ».
Ils veulent que les femmes continuent à faire le ménage parce qu’elles ont des seins (nous non plus on ne voit pas le rapport), et que les hommes continuent à aimer les voitures parce qu’elles sont des extensions de leur virilité. Que les petits garçons ne se prennent pas de passion pour la couleur rose parce que ça pourrait les conduire à se comporter en fille, et à filer tout droit en enfer. Que les petites filles ne jouent surtout pas aux Playmobils parce que ça pourrait les transformer en féministes poilues et moches même pas bonnes à marier. Peut-être même qu’elles ne voudraient plus procréer. Peut-être même qu’elles voudraient travailler ! « Où va-t-on ? », qu’ils disent.

5- Alors ils parlent des dérives de la « théorie du genre ». Ce fanion-là, les extrémistes à idées courtes l’agitent à tout bout de banderoles pour prétendre que l’on veut gommer les différences entre hommes et femmes.
Ils oublient que le « gender studie », ce n’est qu’un champ d’étude universitaire hyper populaire dans les années 60 et 70. Un truc de chercheurs qui voulaient savoir comment naissaient les inégalités sociales entre hommes et femmes et qui ont parfois déconné en poussant trop loin leur investigations et expériences. Ce n’est pas un complot pour dépraver la jeunesse, ni une arme pour émasculer les hommes et testostéroner les femmes. Ce n’est pas un courant idéologique ou politique, c’est un terrain d’investigation théorique. D’ailleurs, c’est écrit dessus.

Maintenant qu’on a bien compris la différence entre « sexe » et « genre », on se rappelle qu' « On ne naît pas femme, on le devient ». Et si c’est Simone de Beauvoir qui le dit, ça vaut la peine d’être lu.