Édito: les rondes sont des bombes (sexuelles)

Mis à jour le 13 février 2018 par Juliette Debruxelles
Édito: les rondes sont des bombes (sexuelles)Arshalouis Aivazian dans le film MotorPsycho
Arshalouis Aivazian dans le film MotorPsycho
Arshalouis Aivazian dans le film MotorPsycho

Vous avez remarqué ? Il flotte dans l’air comme un début de révolution. Une bataille lancée par les « +size », jusque-là ignorées.

Un attentat contre la crise en forme d’opulence assumée, revendiquée. Enfin des mannequins ultra populaires, comme Justine LeGault, Ashley Graham ou Tara Lynn, belles comme des grenades dégoupillées, qui dénotent par rapport aux exigences de leur profession.

Enfin des collections de vêtements et de lingerie développées au-delà du 42-44 pour les guerrières urbaines et branchées (Violeta by Mango, Asos Curve, Marina Rinaldi...). Et sur le web, pas un jour sans une question (« Les mannequins +size taille 40, c’est une une blague ? »), une polémique (« Faut-il commercialiser des Barbie obèses ? »), un témoignage (« Mon nom est Marie et j’aime mon gras. »), un détournement (Valentine et ses vidéos tordantes sur www.jveuxunmec.com) et leurs flots de commentaires.

Même la nouvelle rubrique dédiée du elle.be : rondes bombes s’y met. « Faites l’amour, pas la diète ! », ça pourrait être un slogan pour que les notions de plaisir et de plaisirs retrouvent une place de choix dans nos décisions. « Une femme sur cinq qui a déjà suivi un régime indique préférer ne plus faire l’amour car elle se trouve grosse » révèle l’enquête nationale sur les régimes de Weight Watchers. Ça suffit !

Les rondes ne sont pas plus des « vraies femmes » que les autres.
Mais elles le sont tout autant. Elles font plier la dictature de la maigreur sous les draps. Et si cette récente prise de conscience secoue les instances de la mode, de la beauté et du bien-être, et si les enjeux marketing s’en mêlent, c’est tant mieux. Parce que les plantureuses profiteront enfin de la manne d’inventions, de bons plans et de créations. Sans cynisme.

Parce que, poings levés et points décomptés, elles imposent enfin leurs exigences et leurs besoins à des secteurs qui en ont bien besoin. Les dodues se sont longtemps tues. Mais le monde tel qu’il était devient trop étroit pour elles. Alors elles poussent les murs, les préjugés et les insultes déguisées, désamorcent le mouvement « fat shaming » (littéralement « foutre la honte aux grosses ») sur la toile.

Elles exigent une place, une vraie, aux côtés des armées de minces, de maigres, de tordues, de sublimes, de barrées, d’allumées, de ravissantes et de géantes. Les rondes sont des bombes... D’ailleurs, elles explosent !

Retrouvez notre numéro du ELLE Belgique "Les rondes sont des bombes", en kiosque ce vendredi 24 janvier.