5 mauvaises résolutions qui rendent la vie canon

Mis à jour le 16 février 2018 par Juliette Debruxelles
5 mauvaises résolutions qui rendent la vie canon

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Arrêter de fumer, de boire, payer ses dettes, maigrir, reprendre le sport, décrocher de Pinterest, ça, c'est pour les petits bras. Les ambitieux, les braves, les créatifs, eux, visent plus haut, plus fou, plus grand... et plus inconvenant.

1. Ne pas faire de sport
Parce que ça fait mal, le sport. Surtout quand on s'y remet. Surtout quand on s'y remet pour trois semaines. Surtout quand on s'y remet pour trois semaines et qu'on décide de faire du jogging. Surtout quand on s'y remet pour trois semaines et qu'on décide de faire du jogging et qu'on n'a pas de soutif gainant et des rééditions de Nike Air Jordan aux pieds. Ça pète les genoux, ça nique les chevilles, ça fait transpirer, c'est laid. Soulever de la fonte. Subir les injonctions de Fifi, le prof de sport qui crie "allez, plus fort, encore" sur fond de Beyoncé, ça ne rend pas plus belle. Non. Ça rend plus truite. Parce qu'aucun mâle n'a le droit de nous hurler "allez, plus fort, encore" en nous faisant mal aux fesses. Sauf dans l'intimité, sauf si on l'a décidé.

2. Grossir
Ou en tous cas ne pas maigrir. Ou ne maigrir que si c'est vraiment nécessaire pour être et rester en bonne santé. En tous cas manger. Autre chose que des graines. Du local, du terroir, du bio, du bon, du fait maison. Reprendre une fourchette de pâtes. Une grosse. Enfoncer son doigt dans le glaçage d'un deuxième cupcake et le lécher. Et avoir bon. Ne pas hésiter entre la crème et le parmesan. Avoir faim. De nourriture et d'humour. Et d'amour et de gras. Se faire du bien et entamer des poursuites judiciaires contre ceux - marchants de médicaments ou de régimes farfelus - qui veulent faire leur beurre sur le dos de nos complexes. Et avoir un mauvais mot, méchant, chaque jour, pour Dukan et ses sbires.

3. Arrêter de ranger
Les chaussures qui s'amoncèlent dans l'entrée? Un signe de bonne gestion de ses avoirs. Le lit défait et jamais refait ? Un indice qui révèle de belles préoccupations nocturnes (rapports sexuels, masturbation, jeux corporels divers). On ne range plus au-delà du minimum hygiénique admis. D'abord parce qu'il ne fait pas écrit "boniche", ensuite parce qu'eu égard à la situation mondiale, le saladier en porcelaine de tante Mémène qui goge dans l'évier depuis un bail ne va faire de mal à personne. Et que c'est déjà une chance d'avoir un si beau saladier.

4. Fumer ET boire
Parce que ça prouve qu'on est (encore) en vie (non, en effet, ce n'est pas la seule façon). Une clope (une vraie, pas une électronique) de temps en temps autour d'un potin. Un verre de schnaps pour faire passer un fou rire entre potes. Une clope ET un verre dans le bain, après une journée de brun. Tout en modération, comme ça, ça ne tue pas. Et si ça tue, c'est de façon plutôt sympa.

5. Céder au stress de performance
Être femme, mère, amante, amie, employée, entrepreneure, militante, engagée, débordée. Tout à la fois. Vivre plusieurs vies en une. Oser. Refuser de choisir. S'épuiser si ça nous chante. Se créer des difficultés quand on a la chance de pouvoir s'en créer. Sans cynisme vis à vis de celles et ceux qui en ont trop ou qui n'en n'ont pas. Affiner sa conscience, son empathie. Avoir l'intelligence de se plaindre. Afficher la fraîcheur et la naïveté qui rendent la pression supportable. Aimer ça. Quoi? Tout.

La bonne année !

Illustration : "Cardiff after dark", de Maciej Dakowics (editions Thames & Hudson)
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