2013 : les temps forts de la mode des Belges

Mis à jour le 26 décembre 2013 par Elisabeth Clauss
2013 : les temps forts de la mode des BelgesNovembre 2013 : Ann Demeulemeester annonçait qu'elle quittait la Maison qu'elle avait fondée.
Novembre 2013 : Ann Demeulemeester annonçait qu'elle quittait la Maison qu'elle avait fondée.
Novembre 2013 : Ann Demeulemeester annonçait qu'elle quittait la Maison qu'elle avait fondée.

Collaborations internationales, lancements de carrières sur les chapeaux de roues, tombés de rideaux. Retour sur les petits et les grands évènements qui ont marqué cette année mode.

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Annemie Verbeke
Annemie Verbeke

Janvier : Modo (Brussels) mutait en MAD, et Raf Simons sort chez Adidas les baskets de l'année (ou presque)

C'était les derniers Modo Awards sous cette forme...

Modo Brussels venait d'être fusionné avec le MAD Brussels (Mode and Design Center), qui poursuivra sa mission de plateforme de mise en avant des créateurs et designers bruxellois.

L’ultime Prix Modo a été remis à Annemie Verbeke pour l’ensemble de sa carrière. Le Prix Modo Jeunes Talents est allée au collectif Krjst, et le Prix ELLE&Modo à Calogero di Natale. On répétait notre mantra pour 2013 : plutôt une belle pièce de créateur que dix brols aussitôt achetés-oubliés. Ce sera le même pour 2014.

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Janvier : Raf Simons sortait chez Adidas les baskets de l'année (ou presque)

Même quand on n'y connaît rien, même si on n'en porte pas, celles-là, on devait avouer qu'elles avaient quelque chose de différent. Un air de Star Trek haute couture. Volumineuses, mais raf(finées). On ne peut pas dire qu'on les a vues partout, mais destinées aux hommes, sur ceux qu'il fallait.

Pour une fois que la mode accorde quelque chose aux garçons qu'elles ne nous concède pas (à moins d'avoir une pointure supérieure à 39), on s'inclinait, bonnes joueuses. De basket.

 

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Mars : Une nouvelle fermeture de boutique de "créartisans" nous éveillait à la nécessité de rester vigilants

Après 18 mois d'existence à peine, Ménage à Deux, boutique de confection féminine avec une jolie sélection de prêt-à-porter, qui proposait aussi une partie dédiée à l'homme, annonçait sa fermeture. Ce genre de choses arrivent, mais dans un contexte économique très tendu pour les structures indépendantes dans le secteur de la mode, ça tournait le ciseau dans la plaie. Et prouvait, si besoin était, que l'époque a changé, et qu'on ne peut plus désormais se lancer armé de sa seule bonne volonté et de talent : il faut avoir les reins solides,  financièrement, et en matière de gestion.

Depuis quelques saisons, c’est le duo Sandrina Fasoli et Michael Marson, le modiste Christophe Coppens (désormais installé à L.A), Véronique Branquinho avant d’être reprise par un groupe italien, et d’autres enseignes, parfois de plus grande envergure commerciale, moins « puristes » mais tout aussi sincères dans leur volonté de perpétuer une mode belge, qui ont jeté l'éponge : Luc.Duchene, Olivier Strelli,... Sans parler de ceux qui nous confient, accrochés à leur dernière collection, que ce sera peut-être la dernière.

Ces créateurs qui sont indépendants - l’une des grandes caractéristiques des maisons belges - produisent majoritairement en Belgique ou un peu plus loin en Europe, sortent de la Cambre ou non, ils travaillent jour et nuit, rament avec l’aide de leur famille et de leurs amis, ils signent une mode reconnaissable, impeccable, pointue, parfois même avant-gardiste dans la conscience qu’elle doit rester « portable » (concept subjectif s’il en est). Ils sélectionnent des matériaux de qualité, assurent le suivi de la fabrication, et parce que leurs marges se réduisent comme un ourlet qui s’effiloche, ils assurent parfois eux-mêmes leurs relations presse. Ce qui est quasi un boulot à plein temps, pour ces créatifs dont ce n’est pas le métier. Eux, ils savent dessiner, couper, tailler, ajuster, inventer, exalter, magnifier, pousser, tirer, créer, embellir… mais ils peinent de plus en plus à s’en sortir.

A chaque fois que nous posons notre carte de paiement sur un comptoir, nous soutenons un certain type de production au détriment d’un autre. Nous pouvons aussi décider de ne prendre qu’une pièce ou deux, au lieu de dix sur le printemps, mais une belle. Une qui nous donnera plus d’allure, une qui sera plus juste. Sur nous, et pour ceux qui l’auront portée à bout de bras avant qu’on ne l’enfile sur les nôtres. On ne changera peut-être pas la face du monde, mais on changera celle de notre dressing, et si chacun s’y met, le futur de la création belge. En 2014, encore.

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I Know Simply That The Sky Will Last Longer Than I - Extrait du film de Pierre Debusschere
I Know Simply That The Sky Will Last Longer Than I - Extrait du film de Pierre Debusschere

Avril : les Belges au Festival International de Mode et de Photographie d'Hyères

Ces petits jeunes-là, ils vous habilleront demain. Si pas directement, leur influence sera là, à vous sauter sur le cintre. Ce Festival c'est plus que de la mode et de la culture. Un morceau de futur. Et c'est joli dans le dressing, ce qui ne gâte rien.

Dirigée par Jean-Pierre Blanc depuis sa création en 1985, cette exhibition attire des dizaines de jeunes artistes de la mode et de la photo, supervisés et poussés par des acteurs majeurs dans leurs filières respectives.

Niveau Belges (ou assimilés), on retiendra cette année la collection du Norvégien Damien Ravn, sorti de l'Académie d'Anvers et seul représentant de nos écoles, avec ses coupes mi Star Wars mi Rome Antique (romantique?) dans des matières techniques aux lignes abruptes, impeccables.

Et surtout, le film expérimental (semblait-il, sauf que cet objet audio-visuel est merveilleusement maîtrisé), de l'artiste bruxellois Pierre Debusschere.  « I know simply that the sky will last longer than I » une performance cinématographique d'auteur arty-compli-inspiré, sans paroles, qui captivait l'audience à tel point qu'une fois les yeux rivés sur l'écran, les gens hypnotisés n'en bougeaient plus pendant 52 mn, ne serait-ce pour essuyer des larmes d'émotion.

Le film devrait bientôt être visible à Bruxelles, on vous tiendra au courant.

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Marine Yee - Dirk Bikkembergs - Ann Demeulemeester - Walter van Beirendonck - Dries van Noten - Dirk Van Saene
Marine Yee - Dirk Bikkembergs - Ann Demeulemeester - Walter van Beirendonck - Dries van Noten - Dirk Van Saene

Juin : L'Académie d'Anvers fêtait son cinquantenaire, avec le Club des Six au premier rang

Pour célébrer les 50 ans du département mode de l'école anversoise, les "Six" s'étaient réunis pour la première fois depuis des lustres, assistant en rang d'oignons au show de fin d'année des étudiants.

Pour qui s'intéresse à la mode (à un niveau un peu obsessionnel, d'accord), se retrouver en face de Walter Van Beirendonck, l'actuel directeur, de Dries Van Noten, Ann Demeleumeester, Marina Yee, Dirk Bikkembergs  et Dirk Van Saene, posant ensemble plus de 30 ans après leur explosion sur la scène fashion internationale, c'était un moment historique. Ce sont eux qui avaient, au début des 80', braqué les projecteurs du monde entier sur la création en Belgique.

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Doriane van Overeem,  5ème année
Doriane van Overeem, 5ème année

Juin : La Cambre se surpassait (comme chaque année...)

Du côté du très attendu show de La Cambre, on a vu cette année encore des perles - au sens précieux du terme.

Chez les premières années, une performance de liberté et de recherches. Les jeunes élèves initiés depuis un an à réaliser des prouesses techniques, ont envoyé sur le podium des mannequins vêtus de « tutus » structurés avec une poésie rare, est surmonté de couronnes d'origami suspendu, qui flottait au-dessus de ces personnages oniriques. Des apparitions blanches, ornées d'éclats de couleurs, chaussées de rangers noires. Un moment enchanteur.

Les 2èmes années ont exploré les volumes, matières et pictogrammes, sur la construction architecturale et pleine d'humour de chapeau monumentaux. On pouvait  y voir références ultramodernes aux silhouettes de la Renaissance, mais il paraît que non.

Les 3èmes années, qui travaillent exclusivement sur l'homme, ont mis en scène des tableaux comme des chocs de références. Entre maharadjah hip-hop en tartan, portant corset et chaussures vernies à pompon de fourrure, et rappeurs masqués vêtus de maille filet et de pantalons empiécés, surmonté d'étranges T-shirts à traîne.

Pour les 4ème années, Louis Gabriel Nouchi a présenté son travail inspiré du manga des années 90 « Princesse Mononoke ». Eddy Anemian a composé sa collection de fines lamelles de textile d'ameublement vintage à fleurs massives des années 60-70. Léa Barré à joué de contraste de matières, assemblant des laines très lourdes à des matières techniques fines et translucides comme de la peau.

Quant aux 5èmes et dernière années du cursus :

Emmanuelle Lebas a présenté une ligne enchanteresse pour vestales futuristes.

Anaïs Lalu a imaginé ses silhouettes à partir des pièces de base du vestiaire quotidien des ados, mélangé aux codes des costumes de majorettes, patineuses et pompom girls « de province ».

Doriane van Overeem a travaillé sur la femme-reine, créant une collection toute en motifs fleuris pétants, pantalons à traîne et gants ouvragés. Un passage glamour, drôle, hollywoodien. Depuis, la chanteuse de R&B Ciara a adopté son pull fluffy rose...

Michèle Bagdassarian a récréé des héroïnes de films noirs des années 40. Robes duales, femmes doubles.

Pablo Henrard a consacré sa collection aux hommes, pour réinventer un vocabulaire de formes.

Ce show 2013, à la hauteur des attentes des esthètes et des espoirs des accros de mode, en plus d'un spectacle parfaitement maîtrisé et finalement très émouvant, nous a offert une image optimiste et vivifiante de la future création belge.

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OC

Juin : Opening Ceremony misait plus que jamais sur les Belges

Suite à la présentation des collections des élèves de La Cambre, la boutique américaine très "créateurs" Opening Ceremony a décidé de représenter Doriane van Overeem, Anaïs Lalu, Emmanuelle Lebas et Pablo Henrard, qui tiendront désormais compagnie à Alexander Wang, Comme des Garçons, Jeremy Scott, Proenza Schouler, Tsumori Chisato et  Véronique Leroy (entre beaucoup, beaucoup d'autres, et pas des moindres) sur les portants virtuels de cette vitrine de la crème fashion internationale.

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Photo Pierre Debusschere / Layout Steve Jakobs
Photo Pierre Debusschere / Layout Steve Jakobs

Juin : Madifesto ouvrait les backstages de la mode à tout le monde

Première édition de cette série de happenings à but culturel et pédagogique.

Le but ? Mettre en valeur les métiers de la mode : notamment en  backstage : photographie, make-up, coiffure… grâce à des installations vivantes et expos de pièces d'étudiants et de photos d'artistes.

Pour qui ? La mode, c'est pour le grand public. Elle ne s'adresse pas qu'aux initiés. C'est un langage universel. Le festival Madifesto offrait des clés de compréhension globale du fonctionnement du secteur.

Par qui ? L'événement était organisé par le MAD Brussels et son curateur et directeur artistique Didier Vervaeren, en coproduction avec La Cambre Modes, Hunting and Collecting, et différents professionnels de la mode.

 

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Juillet : les 15 ans de la Maison d'Annemie Verbeke 

Avec sa palette de couleurs franches, mixées avec des tissus texturés qui servent des coupes féminines et soulignent la silhouette tout en restant fluides, Annemie Verbeke continue de nous émerveiller.

La créatrice a vu évoluer le métier depuis 33 ans qu'elle contribue à faire grandir la mode belge, et elle porte inlassablement sa vision d'une identité forte pour les femmes. Puisqu'elle sait ce qu'on aime porter – des pièces qui nous mettent en valeur, aux matières de qualité et super confortables pour traverser les nombreuses journées qu'on doit faire tenir dans 24h – elle l'applique à ses collections graphiques, au dessin parfois rétro, parfois sophistiqué.

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Août : Opening Ceremony fan des Belges, ouvrait carrément un corner

Opening Ceremony, c’est un multimarques « créateurs » ultra pointu qui étend ses boutiques à NY, à LA, à Tokyo, à Londres et online, donc partout. L’ADN maison ? Un esprit de communauté créateurs, des exclusivités, des collaborations avec des it-people comme Spike Jonze ou Chloë Sevigny. Cette année, OC déroule le tapis rouge à la Belgique.

Cédric Charlier, Raf Simons, la marque de cachemires fun et luxe Chauncey, Christian Wijnants, Ek Thongprasert, Dries Van Noten, Véronique Branquinho, Walter Van Beirendonck, Stephan Schneider, Bernhard Willhelm, ils sont tous là pour ouvrir une nouvelle cérémonie de la mode belge.

Désormais, la nouvelle génération de créateurs sortent de plus en plus de sa réserve, plébiscitée par les enseignes pointues qui piquent et qui comptent.

Ce ne sont plus quelques incursions de labels belges, c’est une déferlante, des stylistes confirmés tel Raf Simons interviewé ici, jusqu’à une sélection d’étudiants de La Cambre diplômés cette année – Emmanuelle Lebas, Anaïs Lalu, Doriane van Overeem et Pablo Henrard – qui ont donné le ton dès la rentrée : l’avant-garde, l’exigence, le culot, l’humour.

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Août : Raf Simons signait une nouvelle collaboration, avec Fred Perry : Mod's et travaux

Le « Mod », c’est l’abréviation du « modernism », une subculture apparue en Angleterre dans les années 50. Signe de reconnaissance des modernists ? Chemises boutonnées jusqu’au cou, polos Fred Perry, goût prononcé pour le jazz, pas trop de problèmes de liquidités. Actuellement, on pourrait les confondre avec les « preppies », qui s’habillent comme s’ils vivaient sur un campus (avec une chemise blanche, une petite cravate de travers, un blazer ouvert, ou un Teddy s’il fait froid).

C’est la 3ème fois que le discret DA Dior s’associe à Fred Perry : il avait déjà apposé son regard aiguisé sur les collections d’hivers en 2008, d’été en 2011. Et les photos du catalogue sont signées Pierre Debusschere. Belgian Fashion Power...

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Août : Un ancien de La Cambre devenait D.A chez Paco Rabanne

En août encore, Julien Dossena se voyait confier la direction artistique de la maison Paco Rabanne, 14 ans après l’apocalypse annoncée par le fondateur de la marque.

 

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Ann Demeulemeester PE14
Ann Demeulemeester PE14

Septembre : Fashion week, le dernier show de Ann Demeulemeester en tant que DA de sa propre maison (on ne le savait pas encore)

Une collection aux accents gothiques burtoniens, pour laquelle la créatrice anversoise s’est pelotonnée dans ses racines noires et blanches, a rappelé  ses traditionnelles rayures épaisses, y a marié des feuilles sombres brodées sur tulle. On y voyait un motif « tapisserie », repris sur des collants tatouages. Une transparence très éloquente.

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AF Vandevorst
AF Vandevorst

Septembre : Fashion week, les 15 ans d'A.F Vandevorst

Ils célébraient les 15 ans de leur Maison. La présentation de cette collection était empreinte d’un esprit festifs, et revisitait les moments forts de leur carrière.

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Jean-Paul Lespagnard X Eastpak
Jean-Paul Lespagnard X Eastpak

Septembre : Les sacs de Jean-Paul Lespagnard pour Eastpak dévoilés lors de la fashion week

Deux formats de sacs à dos, qu’on peut porter droit ou à l’horizontal grâce à leurs poignées sur le haut et le côté. Ils existent en noir ou mauve, les poches externes sont isothermes
et assez grandes pour y caser une bouteille de champagne (ou de Cécémel, question de goût).

Le détail « créateur » ? Les bretelles brodées de motifs mexicains, et réalisées, en Belgique, par le brodeur historique du pape.

A quel prix ? 295 euros pour le petit format, 360 euros pour le grand, en série limitée à 100 exemplaires de chaque.

Ce sac, c’est l’occasion de se mettre un créateur à dos.

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Liege King Philippe ,Filip Of Belgium And Queen Mathilde Of Belgium Pictured During The 'Joyous Entry

Octobre : La Reine Mathilde affirmait son style

Pour sa Joyeuse Entrée à Liège, la Reine Mathilde portait un manteau jaune canari signé Veronique Branquinho. Duveteux, en voilà.

La reine s’intéresse depuis toujours aux stylistes belges. Quand elle n’organise pas au palais des dîners où elle en convie certains pour mieux s’informer de la réalité de la création en Belgique, elle demande à visiter La Cambre.

Depuis l’intronisation du 21 juillet dernier, Edouard Vermeulen, qui l’habille chez Natan depuis toujours, s’était engagé à la conseiller encore en lui faisant découvrir d’autres Maisons.

C’est donc dans un manteau ample, fluffy et jaune pétant de Veronique Branquinho, que la souveraine a accompli sa Joyeuse Entrée à Liège cette semaine.

On en aura entendu parler, de ce manteau. Ce n’est plus une veste en laine, c’est Titi s’écriant « J’ai cru voir un gros terrain miné ». Parce qu’il faut être lucide, quand une reine plonge le bras chaque matin dans son dressing, elle sait qu’elle s’expose à une affaire d’état. Alors qu’elle a d’autres chats à fouetter (en l’occurrence). La nippe, comme le reste, c’est politique. Qu’elle porte des tenues strictes ou qu’elle se lâche un peu, on l’attend donc au tournant. A y être, elle s’est fait plaisir, portant haut les couleurs flashy de la Belgique. Vivement la suite.

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KRJST
KRJST

Octobre :  on découvrait les Brussels Fashion Days

Les Brussels Fashion Days, pour leur 2ème édition, se sont déroulé @ The EGG durant 3 jours, sous forme d'expos de collections et de défilés. Une initiative destinée à ramener la mode au niveau des curieux dont ça n'est pas le domaine à priori.

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MODE-PARCOURS

Octobre : On participait au Mode Parcours

Quelques jours plus, tard, ce fut au Mode Parcours, organisé par le MAD, de déployer le talent des Bruxellois de la mode dans le centre ville  : collections exposées chez les commerçants des quartiers Dansaert-Chartreux-Lepage jusqu'au Sabon (y compris celles des étudiants de La Cambre), happenings, nocturnes, et soirées-concert. Une promenade fashion initiatique, placée sous le thème Style Icon. Un rendez-vous tellement attendu qu'on se réjouit déjà pour l'année prochaine.

 

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Novembre 2013 : Ann Demeulemeester annonçait qu'elle quittait la Maison qu'elle avait fondée.
Novembre 2013 : Ann Demeulemeester annonçait qu'elle quittait la Maison qu'elle avait fondée.

Novembre : Ann Demeulemeester arrêtait la mode

Sale temps pour la mode, entre les enseignes de créateurs qui ferment au rythme des feuilles d’automne arrachées par les bourrasques de la crise – un peu de lyrisme s’impose – et les directeurs artistiques qui désinvestissent leurs propres marques pour des raisons « personnelles ». Il y a quelques semaines encore, c’est Jil Sander qui tirait sa révérence de « chez elle ».

Ann Demeulemeester a annoncé son départ dans un communiqué manuscrit, et on retrouve rien que dans ce geste son attachement à ce qui est fait par la main : « C’est une nouvelle ère qui s’ouvre à la fois dans ma vie privée et pour la marque Ann Demeulemeester. Je sens qu’il est temps de séparer nos chemins. »

Pour autant la maison continuera de porter son essence, puisqu'elle ajoute plus loin dans sa missive : “Ann Demeulemeester est une marque mature, avec une identité et un héritage, capables de continuer à grandir sans moi. J’ai confiance en la société et en les gens qui ont travaillé dur avec moi. Nous avons préparé cette étape ensemble, et ils se sentent prêts à porter la marque plus loin dans le futur. »

Didier Vervaeren, autre figure emblématique de la mode belge, lui a rendu hommage ici.

Ann Demelemeester a créé des gants démentiels toute sa carrière, montants, sensuels, éloquents. Voici qu'elle les dépose.

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Décembre : A.F. Vandevorst bottaient en touche et en diamants

Le couple de créateurs anversois qui fête les 15 ans de leur marque cette année ont dévoilé lors de la Business Of Design Week de Hong Kong où le Belgian Spirit était mis à l'honneur, leur botte secrète : des cavalières à 2,344,134.98 € (hors soldes)

Ces bottes représentent :

- 30,000 heures de travail

- 38,883 diamants de couleur fournis par le Diarough/UNI-Design d’Anvers

- 4 kilos 753 grammes d’or (oui, c’est lourd, mais ça muscle)

- 1,527 carats

- elles valent 2,344,134.98 €, ou 3,188,000 $ (ça dépend comment vous souhaitez régler)

- le seul hic, c’est la taille : 39. C’est la raison pour laquelle certaines d’entre nous devrons faire une croix (rouge) dessus.

Bien sûr, c’est une oeuvre d’art. Evidemment, c’est la démonstration du travail conjoint de créateurs de mode emblématiques, et du négoce des diamants qui fait entre autre la réputation d’Anvers. Il paraît cependant qu’il y aurait eu des commandes. Peut-être d’un shah botté ?

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Décembre : Anthony Vaccarello X Versus Versace

Le temps d’une saison, le Belge dirigera la prochaine capsule de la deuxième ligne de Versace.

L’héritière spirituelle de l’empire Versace (parce que légalement, c’est Allegra, la fille de Donatella) aurait assuré à son nouveau DA qu’elle lui vouait une confiance sans limite pour traduire l’esprit de Versus comme à travers ses propres yeux.

Un jeune créateur aux collections qui poussent la féminité dans l’extrême de ses codes,  désormais marié à une maison qui assume le glamour-bling version luxe, ça promet un choc à l’épure du Nord, et au culot latin. On en a déjà chaud d’impatience.