Breaking ! Colette ferme ses portes

Publié le 12 juillet 2017 par Elisabeth Clauss
Breaking ! Colette ferme ses portes

La boutique emblématique d'un certain élitisme parisien tirera cet automne sa révérence après 20 ans de références.

Créé en 1997 par Colette Roussaux, puis reprise par sa fille Sarah Andelman, Colette rassemble sur 8000m² toutes les découvertes et les tentations de la mode contemporaine. Lieu de pèlerinage pour les touristes en goguette, Colette était devenu un temple de consommation de marques de luxe installées, ou de jeunes maisons émergentes. Sarah Andelman était la première à avoir vendu Proenza Schouler, Mary Katrantzou ou Rodarte.

En 2013, l'enseigne aux exclusivités quasi démocratisées avait commercialisé 300 tee-shirts "Ain't Laurent Without Yves".  Puisque l'on reste dans le langage religieux, Sarah témoigne : "nous avons été excommuniés". Le directeur commercial de Saint Laurent leur a demandé de retirer le tee-shirt parodique de la vente, et Francesca Bellettini, chef executive, a adressé à Sarah une lettre l'accusant de contrefaçon, argumentant de "sérieux dommages" causés à la marque, et lui signifiant la fin de leur collaboration.

Karl Lagerfeld était fan, il y achetait des montres, des téléphones, des bijoux, enfin tout ce qui attirait son regard. D'autant que Colette, toujours ouvert, ce n'est pas bien loin de Cambon.

Mélange de haut de gamme et de "bricoles branchées", la sélection permet de s'instruire de mode niche et de se tenir au fait des nouveautés "incontournables" (si on en a les moyens) des grandes maisons. De posséder, aussi, les baskets qu'il faut pour courir vers demain.

Le premier et le plus prestigieux des concept stores avait récemment transformé son premier étage en lieu d'expo et choisi Lucien Pagès, attaché de presse et figure de la mode parisienne, comme curateur du 7 août au 2 septembre, pour y présenter une sélection de marques, dont JW Anderson, Loewe, Jacquemus, Courrèges, Lemaire, Ambush, Charlotte Chesnais, Byredo, Astier de Villatte, Sabine Getty, Moynat, John Lobb, Ronald van der Kemp, et aussi des créations exclusives de Peter Philips pour Dior Makeup, une contribution de l'illustrateur sonore Michel Gaubert et d'autres, du même tonneau.

Signe que la mode ne perd ni de sa superbe, ni de son ironie, c'est Saint Laurent qui s'installera à la place de la boutique-phénomène.

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