MFW : Prada, la force des contrastes

Publié le 25 février 2017 par Elisabeth Clauss
MFW : Prada, la force des contrastes

Une collection "Anticonformiste" de mélanges (d)étonnants, présentée dans la vision de Miuccia Prada d'un intérieur urbain investi par une femme.

Le décor ressemblait à une station de métro et/ou à une chambre d'ado, ornée d'affiches classiques de films détournées en pubs Prada, et de lits faits au carrés.

Et même par hasard une petite touche de belgitude.
Et même par hasard une petite touche de belgitude.

Esthétiquement, les pièces confrontaient la structure et les matières du vestiaire masculin, avec, presque ironiquement, la douceur obligatoire des vêtements féminins.

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Philosophiquement, il était question du rôle de la femme moderne dans l'histoire et la société : le périlleux équilibre entre eux la séduction et la sensualité, mis en équation avec la force et la solidité obligatoires. Et réciproquement. Une fois encore, Prada développe le thème du pouvoir de la féminité.

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Pour matérialiser la masculinité, ancrées dans des éléments des années 60 et 70, les silhouettes déclinaient le velours côtelé sur des vestes et pantalons flare, porté pour jouer avec un cliché féminin, avec des pièces en tricot (soutien-gorges et casquettes).

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Les bijoux, inspirés des années 50, en grosses pierres frappées sur les chaussures et les sacs affirmaient encore des éléments forts de la féminité, tandis que le sac en velours – réinterprétation du sac-cahier de la saison passée – invitait la notion de savoir.

Toute une partie de la collection, en contraste avec la masculinité encore, développait des matières duveteuses, manteaux en alpaga, mix de vraie et fausse fourrure. Là encore, un clin d'œil à la quasi obligation pour une femme d'exposer sa douceur. Toujours dans le thème de la fourrure, les silhouettes esquimaux racontaient le paradoxe de devoir se battre pour survivre, face au côté sexy et coloré des pièces. Pour souligner cet aspect tendre et suave des matières, des tailleurs en tricot imprimé, et des théâtrales cagoules en plumes de marabout (l'oiseau, pas le sorcier).

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Comme silhouettes phares de cette saison, la veste de chasseur portée avec une jupe toute douce de disposer de plus, pour composer un patchwork d'univers et d'énergies. Pour la première fois, Prada a développé de très gros boutons, fabriqués à partir des codes de noix de coco, accordés avec des ceintures en poney et en serpent.

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Cet hiver, les femmes chasseresses pourront également adopter les manteaux masculins en haut, en pied-de-poule et ligne droite, féminin en bas, dans un tissu fleuri avec une bordure de fourrure.

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Et pour la première fois depuis longtemps, la maison relance des jupes et robes longues. Et parce que Miuccia Prada collabore depuis toujours avec des artistes, cette saison, c'est Robert McGinnis, illustrateur célèbre dans les années 60 et 70 pour être à l'origine des affiches de James Bond et de portraits d'Audrey Hepburn. Il a consacré toute sa carrière à mettre en avant le rôle décisif de la femme puissante. Un propos souligné par le contraste de tissus fort (tweed bardé de cuir) et de la fragilité des plumes.

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À la fin du défilé, la salle debout, a littéralement ovationné cette collection cohérente à l'esprit Prada, en perpétuelle évolution.

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