Céleste Francis Kurkdjian

Mis à jour le 13 février 2018 par Elisabeth Clauss
Céleste Francis Kurkdjian

Il voulait être danseur ou styliste. Devenu parfumeur, il accomplit tous ses destins : aériennes et structurantes comme des vêtements, ses fragrances sont une danse.

Francis Kurkdjian, parfumeur parisien d'origine arménienne, invente ses compositions comme Mozart composait ses partitions : sans toucher un crayon, sans jouer avec les gouttes. Juste des notions, des émotions, suspendues dans son imagination. Avant l'étape du flacon.

Il nous habille avec des parfums profonds, intelligents, référencés. Aux influences historiques et romanesques, ce sont des contes évanescents.

Son dernier opus, "Aqua Celestia", est frais et léger (alors que la signature de Kurkdjian est généralement plus capiteuse) : "Il reflète une période de ma vie où j'ai éprouvé le besoin de m'exprimer en tant qu'être humain. De partager mes sentiments de citoyen touché par l'actualité, de réagir aux révolutions latentes de civilisations. Ce parfum me connecte au monde". Une émotion, cohérente avec l'étymologie latin du mot : "per fumum" signifie " par la fumée ", car au départ, on brûlait des essences aromatiques pour parfumer l'air. "Aqua Celestia" se diffuse dans l'air du temps.

Avec ses notes de limette du Mexique, de menthe froide anglaise et de cassis de Bourgogne, "Aqua Celestia", fragrance mixte comme toutes les créations de la Maison Francis Kurkdjian, réalise le prodige de nous offrir un parfum musqué et tendrement velouté, pour une impression de fraîcheur quasi juvénile. C'est un sent-bon, mais c'est avant tout un trait d'union, un parfum de poésie.

Sortie en février chez Senteurs d'Ailleurs, Eau de toilette vaporisateur naturel, 70 ml - 130 euros