Trump: pourquoi sa victoire est un drame pour les femmes

Mis à jour le 22 janvier 2018 par Laurence Donis
Trump: pourquoi sa victoire est un drame pour les femmes

C'est officiel: le républicain populiste, sans aucune expérience politique, est le 45ème président des Etats-Unis. 

En se réveillant ce matin, c'est la claque. Une grande baffe dans le figure qu'on a pas forcément vue venir. Et on se dit que c'est presque dommage que le ridicule ne tue pas pour une fois. La première femme présidente des Etats-Unis, ce n'est pas pour aujourd'hui. A la tête de la Maison Blanche, on retrouve un homme... qui n'aime pas les femmes. L'élection de Donald Trump est évidemment une tragédie pour tout le monde mais on sent que les filles vont particulièrement en prendre pour leur grade. Petite liste explicative non exhaustive:

        • Trump est ouvertement sexiste: le milliardaire ne s'en cache pas et ses déclarations scandaleuses sur les femmes ne se comptent même plus. Une vidéo publiée sur Youtube reprenait d'ailleurs ses propos les plus choquants. Donald Trump n'hésite pas à qualifier les filles de «chiennes» ou de «grosses truies» et explique que le style de vie des années 50 lui convient parfaitement: «J'adore les enfants mais je ne fais rien pour m'en occuper. C'est ma femme qui le fait, moi je rapporte l'argent». En novembre 1992, il a même été jusqu'à affirmer dans le New York magazine qu'il fallait «traiter les femmes comme de la merde». On sait à quoi s'en tenir.

      • Il est contre l'avortement: Alors qu'il était dans le camp des «pro choice», Trump a déclaré en mars qu'il était contre l'IVG: «Les femmes qui avortent méritent une sorte de punition». D'après l'AFP, le nouveau président a l'intention de fermer les centres de planning familial et de nommer des juges à la Cour suprême connus pour leur position anti-avortement.

    • Il n'encourage pas la mixité: Dans un tweet datant de mai 2013, le républicain aborde la question des agressions sexuelles au sein de l'armée et affirme: «A quoi ces génies s'attendaient? C'est ce qui arrive lorsqu'on mélange les hommes et les femmes». Et sinon, plutôt que de les séparer, on peut aussi miser sur l'éducation et la prévention dès le plus jeune âge.

    • Il est accusé d'agressions sexuelles: Plusieurs femmes ont expliqué à la presse qu'elles avaient subi des attouchements et qu'elles avaient été harcelées par Donald Trump. Parmi elles, on retrouve notamment une photographe et une ancienne participante de son émission, The Apprentice. Le milliardaire a nié en bloc ajoutant même à propos de l'une de ces femmes: «Je vais vous dire, elle ne serait pas mon premier choix». Son ex-épouse, Ivana, a également accusé dans une déposition le promoteur immobilier de viol avant d'expliquer qu'elle ne parlait pas littéralement.
    • Il n'est clairement pas adepte du mouvement body positivity: Encourager les filles à s'accepter, très peu pour Donald Trump. Le nouveau président américain n'a pas hésité à attaquer une ex-miss Univers sur son poids, la qualifiant de «Miss Piggy». Très classe. Pour ce fan de concours de beauté, c'est la vision de la «femme objet», «femme trophée» qui prime. Il a d'ailleurs déclaré qu'il était «très difficile de s’intéresser à une femme qui a les seins plats».

Et on pourrait continuer longtemps...

>> Les témoignages

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🇺🇸 #USelection2016

Une photo publiée par ELLE Belgique (@ellebelgique) le

Et les Belgo-Américaines, elles en pensent quoi?

Bérangère McNeese, comédienne et réalisatrice: "Je vote democrate depuis que j'ai l'âge d'aller aux urnes, mais cette élection comprenait un enjeu supplémentaire, ce n'était pas qu'une bataille de partis. Ma grand-mère fait partie de la League of Women Voters aux Etats Unis depuis des décennies, qui militait pour impliquer davantage les femmes dans la vie politique américaine. A plus de 90 ans, j'espérais vraiment qu'elle voie cette année la première femme présidente. Et puis à plus forte raison, Donald Trump et ses nombreuses attaques et déclarations misogynes font reculer la cause féministe. Hillary Clinton parlait d'imposer des salaires égaux, des congés de maternité payés. Ivanka Trump, quand elle faisait campagne pour son père, parlait de ce genre de sujets, mais moi je n'y crois pas. On ne peut pas montrer un irrespect chronique envers les femmes et faire croire qu'on va faire avancer leur cause. Son vice-président Mike Pence a des positions anti-avortement extrêmes. C'est vraiment flippant."

Virginie Draelants, journaliste belge dont la maman est née à NYC: "Pour moi, le féminisme est une notion si essentielle qu'on pourrait le rebaptiser humanisme. Donald Trump n'a hélas rien d'un féministe, il l'a largement prouvé, donc rien d'un humaniste non plus. Son arrivée à la présidence des Etats-Unis inquiète en ce sens qu'elle confirme la montée de tous les populismes et la libération effarante des propos les plus outrés. On ose aujourd'hui proférer des insultes et des bassesses à l'encontre des femmes et des minorités. Et cela séduit une large frange de la population. (...) L'affaire des e-mails, qui semble avoir miné les chances d'Hillary Clinton, paraît être une peccadille à côté du "palmarès" de Trump, et je me dis que jamais un homme n'aurait été attaqué et n'aurait eu à se défendre de la sorte. (...) Reste à espérer que les paroles outrancières de Trump (...) ne se traduisent pas en actes, car le programme théorique de "The Donald" a de quoi effrayer dans un monde déjà en proie à bien des difficultés et que l'on sent sur la voie d'une régression certaine (égalité hommes/femmes, disparités sociales, montée de la violence...).

Aglaë Dreyer, mannequin curvy: "Quand je me suis réveillée ce matin, je ne croyais pas à la victoire de Trump, c'est un peu comme une mauvaise gueule de bois. Je suis très déçue. En tant que fille, je ne comprends pas comment les Américaines ont pu voter pour lui, son manque de respect envers les femmes est choquant. En Belgique, Trump est souvent dépeint comme une ordure mais aux Etats-Unis, certaines personnes le perçoivent différemment. J'aurais vraiment aimé qu'une femme devienne présidente, j'espère que Michelle Obama se présentera dans quelques années. Même si je suis très triste, je pense que c'est important de rester positif, il faut continuer à se battre pour nos droits. En tant que mannequin plus size, je lutte constamment pour que les filles se sentent bien dans leur peau, je suis donc forcément scandalisée quand Trump attaque les femmes sur leur physique. C'est lamentable mais il y aura toujours des hommes pour critiquer notre corps. Il ne faut pas se laisser abattre par ça, grâce aux réseaux sociaux et à certains magazines, les mentalités bougent doucement."