#TousCigognes: la campagne de crowdfunding à soutenir

Mis à jour le 22 janvier 2018 par Laurence Donis
#TousCigognes: la campagne de crowdfunding à soutenir

Vous n'êtes pas encore une cigogne? On vous explique comment le devenir et pourquoi c'est important. #OctobreRose

«Depuis que je suis toute petite, je rêve d'avoir deux enfants, idéalement une fille et un garçon. Malheureusement, on m'a diagnostiqué un cancer du sein en 2013 et j'ai vu mon rêve s'évanouir peu à peu», raconte Zoé. Comme 15% des patientes qui se battent contre cette maladie, la jeune femme a l'âge d'avoir un bébé.

Sauf qu'elle ne peut pas... Pourquoi? On l'ignore souvent mais deux tiers des cancers du sein sont «hormono-dépendants». «Cela veut dire qu'ils sont dépendants des oestrogènes pour leur croissance, ils s'en nourrissent. Pour combattre la maladie, les femmes doivent suivre des traitements hormonaux. Cela permet de diminuer la production d'oestrogènes. C'est une manière d'affamer les cellules cancéreuses et donc d'éviter une récidive qui peut être mortelle», nous explique le Professeur Martine Piccart, oncologue à l'Institut Bordet et Présidente de l'association BIG against breast cancer.

Le problème c'est que le traitement doit être administré longtemps pour être vraiment efficace, parfois pendant dix ans. Et il est incompatible avec une grossesse. Imaginez une patiente de 31 ans qui doit commencer le traitement. A 41 ans, ses chances de tomber enceinte sont de plus en plus faibles. Les femmes font alors face à un vrai dilemme: arrêter le traitement et risquer une récidive ou faire une croix sur la maternité. En Belgique, environ 350 personnes font face à ce choix chaque année.

Comment les aider? Encore aujourd'hui, les médecins sont incapables de dire si un arrêt temporaire du traitement hormonal augmente les risques d'une récidive. C'est là qu'intervient l'étude internationale Big Time for Baby, elle vise justement à répondre à cette question: «Peut-on être enceinte sans danger après un cancer du sein?» Et pour pouvoir dire «oui» avec certitude, les chercheurs ont besoin de vous! Une campagne de crowdfunding, baptisée #TousCigognes, a été lancée pour financer le projet, c'est juste ici. 5,4 millions d'euros doivent encore être récoltés.

«Il faut se battre pour trouver de l'argent lorsqu'un essai clinique n'est pas commercial. L'étude n'intéresse évidemment pas l'industrie pharmaceutique puisqu'il ne s'agit pas ici de créer un nouveau médicament mais d'interrompre un traitement», indique Martine Piccart. «Les résultats apporteraient pourtant une énorme soulagement aux patientes. C'est un espoir un peu fou mais si toutes les femmes qui travaillent en Belgique donnaient dix euros, notre problème serait réglé.»