Entretien exclusif : Axelle Red de mode belge

Mis à jour le 14 février 2018 par Elisabeth Clauss
Entretien exclusif : Axelle Red de mode belgeAxelle Red (marraine du Belgian Pavilion de Maasmechelen Village) et Didier Vervaeren (curateur du corner).
Axelle Red (marraine du Belgian Pavilion de Maasmechelen Village) et Didier Vervaeren (curateur du corner).
Axelle Red (marraine du Belgian Pavilion de Maasmechelen Village) et Didier Vervaeren (curateur du corner).

Ambassadrice du Belgian Pavilion de Maasmechelen Village, Axelle Red, l'artiste et la femme, ne conçoit pas la création musicale sans la lier à la mode.

Son engagement envers les créateurs belges n'a rien à voir avec une toquade de fashion victim. Dans un entretien exclusif, elle nous partage son "Belgian militantism".

ELLE.be : Pourquoi avoir accepté d'être la marraine du corner des Belges de Maasmechelen ?

Axelle Red : L'année dernière, une exposition au Musée de la Mode d'Hasselt avait retracé plus de 20 ans de ma passion et de mon soutien pour les créateurs belges. J'ai saisi cette nouvelle opportunité de mettre en avant ces stylistes hors normes.

ELLE.be : Vous portez un véritable discours sur la mode belge. D'où vient cette implication ?

Axelle Red : Ces créateurs font partie de mon univers, de ma carrière, de ma vie privée. Les soutenir, c'est naturel. J'ai de plus en plus de mal à acheter autre chose que du belge. Depuis des années, quand je dépense mon argent, j'ai le sentiment de faire le choix conscient de soutenir l'une ou l'autre industrie. Alors en matière de mode, je m'oriente désormais quasi systématiquement vers nos maisons.

ELLE.be : Selon vous, qu'est-ce que cette mode a de différent ?

Axelle Red : Il y a liberté ici qu'on ne trouve même plus en Angleterre. Les créateurs belges sont hors tendance. Ils vont toujours ailleurs. Ils osent faire comme s'ils étaient toujours à l'école. On dirait qu'ils ne portent pas le poids commercial sur les épaules. Même si évidemment, ils doivent s'en soucier. Je défends aussi la mode belge, car j'ai un problème avec la question du monopole des grandes marques. Ils ne sont que quelques groupes, à occuper tout l'espace. Pour un créateur indépendant, c'est très dur. Les jeunes , encore, ont la fraîcheur et l'intérêt de la nouveauté. Mais ceux qui sont plus établis, d'une part, ils sont copiés, et d'autre part, ils ne peuvent pas lutter contre les moyens que mettent en œuvre les grands groupes. Pourtant, dans ce contexte à peu près impitoyable, les belges réussissent encore à se distinguer.

Corner des Belges au Belgian Pavilion de Maasmechelen Village, jusqu'à fin décembre.