Louis Gabriel Nouchi X La Redoute

Publié le 1 août 2016 par Elisabeth Clauss
Louis Gabriel Nouchi X La Redoute

Le jeune designer français diplômé de La Cambre en 2014 signe une collaboration pointue, luxueuse et accessible avec la Redoute.

Louis Gabriel Nouchi a développé un vestiaire polyvalent, inspiré par une exposition sur Yves Saint-Laurent, à propos de sa collection « scandale » de 1971. Un esprit très parisien période « Occupation », avec des tailleurs masculins, qui avait été à l'époque démoli par la presse. Le créateur l'a interprétée en ligne transversale, avec des fourrures de couleurs comme à l'époque, ce qui était alors très « contestataire ». Désormais, ce parti pris exprime aussi le pouvoir d'une femme qui s'approprie les atours de l'autorité masculine, qui fait sien l'héritage de la Couture française, et qui remet à l'honneur des pièces désuètes, comme les grands manteaux, les fourrures détournées de leur classicisme, pour aboutir à un vestiaire contemporain sporty. Notamment grâce à l'intégration de zips, et en collant à une gamme de couleurs des couleurs strictes (noir, gris, blanc et rose qui sont encore les bases de la garde-robe masculine.)

Comment cette capsule a-t-elle été initié ?

« C'est moi qui les ai contactés, après une expérience très positive de collaboration avec les Galeries Lafayette. Ce type d'alliance permet de faire produire dans de bonnes conditions une collection destinée à être portée au quotidien, et de gagner en visibilité (avant moi, Azzedine Alaïa, Jean-Paul Gaultier, Sonia Rykiel, Cédric Charlier s'était déjà associés à la Redoute). »

Vous avez travaillé seul ?

« Cette collection a été réfléchie avec Émilie Gomez (photographe), Pauline Roze (styliste) et Florence Samain (Make-up artist). Je m'applique à composer autour de moi une équipe cohérente, qui suit mes projets. On s'apprend des choses mutuellement, et le travail, toujours constructif, reste ludique. Mes collaboratrices me sortent de ma zone de confort. Pour évoluer, l'humain, c'est capital. »

Quelle était votre marge de liberté ?

« J'ai dessiné toute la collection, en détaillant précisément mes idées de coupes et de matières, qu'ils ont respectées. C'est très intéressant d'oeuvrer pour une collection grand public. Ma réflexion avait encore évolué depuis les Galeries Lafayette, j'ai à nouveau construit une recherche autour de la femme je veux habiller, ce que je veux lui permettre d'exprimer. »

Qu'est-ce que cette collaboration vous a appris ?

« À être plus dans le produit, dans une logique de marque. À chaque collaboration, je me professionnalise un peu plus, je me concentre sur les clientes pour lesquelles je conçois des collections, j'approfondis à chaque fois les notions « pour qui, pour quoi, et comment ». En l'occurrence, j'ai trouvée passionnante la réflexion autour de la notion de produit, le fait que la collection soit marketée, qu'on vise différents types de femmes, de milieux socioculturels variés. On s'adresse principalement à une clientèle mode, pour une marque française ancrée dans un lien affectif, et c'est cette diversité qui était inspirante. Un autre avantage de travailler pour La Redoute, c'est que je n'ai pas eu à gérer la production. Ça, c'était extrêmement confortable. »

Quels sont vos projets ?

« En septembre, je lance ma collection en nom propre pour Kiliwatch, qui sortira aussi au Japon. »

Vous travaillez comme designer homme auprès de Editions M.R, vous initiez des collaborations qui vous permettent de vous développer dans différentes directions, que retirez-vous de cette hyperactivité ?

« Plus j'en fais, plus je peux en faire. Ce rythme soutenu me permet d'être plus efficace et d'apprendre à mieux organiser mon temps. Ça m'oblige aussi à me ménager des espaces de vie privée. »

A shopper dès le mois d'août, ici.

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D'autres images dans la galerie, là.

 

Photographe : Émilie Gomez
Stylisme : Pauline Roze
Models : Romane @Premium Models
Otto @ Hakim Model Managment
Hair&Makeup : Florence Samain