Theresa May, Jacqueline Galant: même combat?

Mis à jour le 22 janvier 2018 par Laurence Donis
Theresa May, Jacqueline Galant: même combat?

Quand le monde va mal, on engage des femmes... avant de les pousser plus rapidement vers la sortie. C'est ce que l'on appelle la falaise de verre. 

« C'est typique. Les mecs foutent le bazar et les filles viennent nettoyer ». C'est un banquier américain qui le dit, dans le Financial Times d'octobre 2009 précisément. La phrase n'est pas nouvelle mais elle est plus d'actualité que jamais. En situation de crise, ce sont souvent les femmes qui osent prendre les rennes du pouvoir. On pense évidemment immédiatement à Theresa May, nouvelle première ministre en Angleterre qui va devoir gérer le Brexit. Mais chez nous aussi, les exemples ne manquent pas. Jacqueline Galant, ex-ministre de la Mobilité, et Marie-Christine Marghem, ministre de l'Energie, ont hérité de dossiers compliqués. Leur siège n'est pas très confo, il est même plutôt éjectable et c'est ce que l'on nomme la falaise de verre.

D'où vient le concept ? A l'origine, on retrouve une étude dirigée par deux chercheurs britanniques, Michelle Ryan et Alexander Haslam. Lorsque le monde (politique ou entrepreneurial) va mal, les femmes se hissent en haut de la pyramide du pouvoir, grimpent au sommet de la falaise. Mais après avoir botté les fesses du plafond de verre pour occuper une place de premier plan, elles doivent encore se méfier du précipice. L'étude démontre qu'elles sont moins soutenues que les hommes et qu'elles ont plus de risques de chuter. Une autre recherche, réalisée par l'université de l'Utah, indique que les femmes sont alors remplacées par des dirigeants blancs de sexe masculin. Exit Jacqueline Galant, bonjour François Bellot...

L'avis de Julie Van Garsse, collaboratrice du mouvement féministe Zijkant : « Les femmes sont souvent choisies lors des situations de crise parce qu'on les imagine plus à l'écoute, plus ouvertes à de nouvelles idées. Le bureau de consultation Strategy a étudié le phénomène de la falaise de verre dans 2500 grandes entreprises mondiales. Ces dix dernières années, beaucoup plus de femmes que d'hommes occupant de hautes fonctions ont été virées. Si elles ont des postes compliqués, elles ont forcément plus de risques de chuter mais cela ne veut évidemment pas dire qu'un collègue masculin réussirait mieux à leur place. Les hommes sont généralement plus soutenus, les femmes doivent davantage se justifier. »