Paris Haute Couture : des collections et des narrations

Publié le 7 juillet 2016 par Elisabeth Clauss
Paris Haute Couture : des collections et des narrations

Mercredi à Paris, Elie Saab, Jean-Paul Gaultier et Viktor&Rolf ont déroulé des romans de tissus, comme des livres ouverts, à l'endroit, à l'envers et à revers.

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Jean-Paul Gaultier, dans la forêt lointaine

Gaultier a exploré la nature profonde - peut-être la sienne - avec une collection évoquant les arbres et les réserves sauvages d'Amérique du Nord.

Un bon bouleau, évoqué par des imprimés nervurés comme le bois, des couleurs de feuillage, des motifs touffus feuillus. Les femmes Gaultier étaient des Pocahontas vêtues de fourrure en corolle (elles ressemblaient à des flocons de pissenlit), et de pagnes d'Indiens réinterprétés. La canadienne, veste à gros carreaux rouges pour pêcher sur un canoë (sur les cartes postales c'est comme ça) s'est faite silhouette complète, vaporeuse. Le gilet de sauvetage orange s'est garni de renard duveteux.

Une histoire de mode libre et sexy, un rappel des racines.

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Viktor & Rolf, les princesses bohémiennes

Au premier abord, ça semblait l'allégorie de la Haute Couture en lambeaux. Du jean pour une allure HoBo, des tressages de tissus et de tulles déchirés. Cette collection dégageait la folle poésie d'une Peau d'Ane en lendemain de fête, une réflexion sur ce qu'est devenu le luxe. Par leurs assemblages de tissus fragiles, noués serrés, ils ont construit une histoire solide, celle d'une collection qui a compris son temps.

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Elie Saab, les 1001 nuits

Sa Haute Couture spectaculaire repose sur un délicat équilibre de rêves de petites filles et de modernité. De drapés de satin, broderies de cristaux, et jupes fendues jusqu'à l'aine. Elie Saab crée des capes pour superhéroïnes de salon, des robes pour écrire avec délices une autofiction fantasmée.

Photos : Catwalk Pictures