Behind the Clothes : qui y-a-t-il derrière les vêtements ? Bruno Pieters expose.

Mis à jour le 19 novembre 2018 par Elisabeth Clauss
Behind the Clothes : qui y-a-t-il derrière les vêtements ? Bruno Pieters expose.

Le designer engagé anversois étiquette depuis longtemps ses collections avec le plus absolue transparence. Le stade suivant ? Montrer ceux qui portent la mode, dans une installation ancrée durable.

A l'occasion du défilé de l'Académie d'Anvers, Bruno Pieters dévoile les dessous des vêtements. Sur un podium de 50 mètres de long déployé dans un hangar, il a déroulé 25 silhouettes. De l'autre côté de la cloison, il a épinglé 40 photos. Celles, symboliques, de tous ceux qui interviennent dans l'élaboration d'une collection. Du cultivateur belge de lin, à celui qui a l'idée d'une ligne (le designer), à celui qui la promeut auprès des médias (l'attaché de presse). Une mise en abîme instructive, qui redonne du sens - et de l'humain - au prêt-à-porter, encore souvent "prêt-à-consommer", bien plus savoureux quand on en connaît les alchimie, les ingrédients, et les intervenants.

Les premières pièces de l'exposition sont dédiées à Katharine Hamnett, la première styliste à utiliser la mode pour véhiculer des messages politiques, sociologiques et environnementaux : "c'est ma fashion heroe", dit le créateur.

Les silhouettes suivantes retracent la rétrospective de Honest By, la marque de Bruno Pieters, toute en tissus durables.

Derrière l'installation de mannequins, des photos. Car il y a toujours une doublure (un prix et une implication) au vêtement. Sur ces images donc, tout vêtus de blanc, des acteurs qui interviennent dans le processus créatif belge, notamment ceux que le grand public ne connaît pas (mais ça va changer) : le graphic designer, les models, les fabricants...

Pourquoi ?

Selon Bruno Pieters, "pour créer une conscience à propos de l'influence de chaque achat sur la planète, et sur l'existence de dizaines de personnes." Rien n'est anodin, la mode, le monde, pas moins.

Tous en blanc sur les photos ?

"La page est blanche, l'individu est enfin regardé en face."

Pourquoi cette conscience écologique, alors qu'il suffirait de sortir des collections à tire larigot ?

"J'ai passé deux ans à voyager, en Inde en particulier. J'ai beaucoup lu, beaucoup réfléchi à une façon durable de travailler. Une façon qui devrait devenir la norme. Les actes de l'industrie portent des conséquences dont on répugne à parler. C'est controversé et désagréable. Mais ce n'est pas une raison pour s'esquiver. Je voulais montrer l'histoire du vêtement, et la rendre humaine. Aucune coupe ne doit faire oublier les implications d'un vêtement."

Comment changer les choses (le peut-on ?)

"En prenant soi-même des décisions, en harmonie avec ses valeurs. Pour un designer, ça implique d'être fier de ce qu'on a produit, voire d'être inspirant." La pédagogie de l'industrie ? Avec Honest By, Bruno Pieters dit tout, de la provenance des tissus au calcul du prix de la pièce finale. "La transparence est importante, car je la demande moi-même en tant que consommateur".

Infos pratiques :

Jusqu'au 31 juillet 2016, de 11h à 18h, fermé le lundi.

L'expo est accompagnée d'une bande son d'applaudissements : c'est encourageant.

Mats Rombaut, créateur de baskets 100% vegans et écolo, a collabore au projet de Bruno Pieters.

Le film statment auquel a participé Leonardo Di Caprio, "Cowspiracy", sera également projeté.

La visite est gratuite.

Adresse : Kattendijkdok-Oostkaai 22, 2000 Antwerp