Rencontre avec Laetitia Casta à Cannes

Mis à jour le 10 janvier 2018 par Elsa Fralon
Rencontre avec Laetitia Casta à Cannes

Nous avons rencontré l'ex-mannequin devenue actrice pour la présentation de son premier court-métrage, "En moi", en tant que réalisatrice.

C'est plus stressant de présenter un film comme réalisatrice que comme actrice?

Oui, car on ne peut pas se cacher derrière le metteur en scène ou derrière l'univers de quelqu'un d'autre. On a aussi la responsabilité des gens que l'on a amenés dans le projet, ceux qui ont participé. On se met devant.

C'est plus effrayant que vos premiers pas en tant que mannequin?

J'avais 14 ans, ce n'est pas le même état d'esprit, cela n'a rien à voir.

Vous avez choisit Lara Stone pour incarner le personnage féminin principal, est ce que c'était important pour vous de faire travailler un mannequin, de lui donner la possibilité d'être actrice?

Bien sûr, parce que d'abord c'est une femme qui m'a émue. Elle a une sorte de trop plein, elle n'avait pas encore conscience de cette chose là et qu'on pouvait en faire quelque chose. Mais c'est ce qui est beau avec le cinéma, vous vous servez de vos névroses, vous les transformez. L'anxiété, ces choses qui peuvent paraître négatives, vous les transcendez et j'avais envie de le faire avec elle. Travailler avec son son manque de confiance en elle alors qu'elle est sublime. Elle est très photogénique et elle arrive sur le plateau toute tremblante, elle m'a tellement émue. Je me suis dit: en fait cette fille elle est bourrée d'émotions, il faut en faire quelque chose. Et elle était parfaite pour le personnage.

Est ce que c'est un film sur la folie?

Pour moi la vie est dingue, donc c'est un film sur la normalité.

Comment vous est venue l'idée de ce film?

Quand tu écris sur un sujet, tu peux commencer très vague, et au fur et à mesure, cela se précise, tu vas dans une direction parfois même sans t'en rendre compte. L'idée est venue d'elle même, en écrivant.

Vous avez un rituel d'écriture?

La nuit. Quand les enfants dorment, quand la ville s'endort. J'allume une bougie et d'un coup, tout redescend. La nuit tu es vraiment toi. Tu es en éveil, tu n'as pas les mêmes sens, tu es comme un animal. Et j'adore monter la nuit aussi, parce que je ne pense à personne, je ne pense qu'à moi. On ne m'attend pas.

Est ce que c'est aboutissement de passer à la réalisation?

J'y pense depuis longtemps, ça ne peut pas arriver comme ça... J'ai déjà écrit un long métrage avant, il n'est pas fini. J'ai toujours écrit.

Vous dites que vous avez une aversion pour les réseaux sociaux, mais n'est ce pas un passage obligé aujourd'hui quand on est connu?

C'est un peu comme si on te volait ce que tu étais et ce qui m'ennuie c'est que ça casse le rêve. Ce que j'aime c'est la pudeur. C'est violent. Le fait de devoir se mettre en scène soir, ça m'exaspère, quel égocentrisme! Mon film parle de moi de la manière la plus vraie, la plus juste.

Y'a-t-il un rôle qui vous a particulièrement marqué?

Non car à chaque fois c'est une aventure, ce qui est beau c'est de rentrer dans l'univers d'un metteur en scène. Quelqu'un de puissant qui te prends la main et qui te dis : viens on va traverser la rivière et qui te fais connaître des trucs de toi que tu n'aurais jamais imaginé. C'est ça être acteur, pousser, aller plus loin. Sinon je ne vois pas le but d'être acteur...

Vous êtes "International Creative Director" pour Cointreau dont le motto est  "Dream Dare Create", car vous êtes quelqu'un qui ose, qui se lance. Vous venez de réaliser un de vos rêves avec ce film, quel serait le prochain?

Continuer à créer.

Est ce qu'il y a une boisson en particulier à laquelle vous associez un souvenir? 

Le pastis (rires). L'heure de l'apéro quoi! Je n'en bois pas, mais quand je vois les gens en boire, ça me détend.

Un remède de grand-mère contre la gueule de bois?

Tu plonges ta tête dans une bassine avec des glaçons. Je n'ai pas beaucoup de conseils anti gueule de bois parce que je n'ai pas besoin de m'arracher la gueule pour décoller. Vous avez vu le film non? Si je bois ça va être un désastre. Je peux vite être accro, et comme je suis entière dans tout ce que je fais je préfère rester éloignée de tout ça.

La pire cuite de votre vie?

J'ai juste le souvenir de m'être pendue à un lustre...