Printemps-été 2016: les do et les don’t

Mis à jour le 23 janvier 2018 par Elisabeth Clauss
Printemps-été 2016: les do et les don’t

Comme chaque saison, on va devoir faire un choix cornélien : du « basique sécurité » ou du « superbranché mais j’en fais quoi ? » Le point en cinq tendances culottées.

Gucci-S16-022
(c) Gucci

Les motifs « papier peint »

Associer la mode et la déco, c’est cohérent : on a toutes fait tapisserie un jour. Pour ce printemps, Gucci a poussé l’extase jusqu’à mixer les imprimés muraux avec des paravents graphiques lors du défilé, avec tapis à motifs serpent d’Eden aux pieds des mannequins tentatrices. Le print papier peint, ce n’est pas le bout du rouleau, c’est même le début.

C’est possible si…
On y va franco. Fleurs / papillons / tartans / rayures / pois ? Mais oui, cochez toutes les cases ! Là où le look pèche, c’est quand il fait son petit bras. Juste un élément, ce n’est pas assez. Grosses lunettes, sac brodé, accessoires cinématographiques, on fait l’architecte d’intérieur dans notre maison symbolique.

C’est pas possible avec…
Une attitude timide, un trench tout bête, des sandales plates.
En matière de motifs comme de mytho, plus on en fait, mieux ça passe.

1/

(c) Rochas
(c) Rochas

La slip dress

Le pyjama de jour, c’est vieux comme le training de nuit. Mais plus compliqué à assumer.
Chez Dior Haute Couture et chez Rochas, on passe du déshabillé à la slip dress absolument translucide. Indécent ? Non, c’est plus subtil : impudique. Comme l’époque. Donc, en plein dans la tendance.

C’est possible si…
On mixe avec des pièces basiques : la nuisette sous une veste de tailleur ou une grande chemise blanche ouverte, le haut de pyjama sur un jean effiloché ou un slim de cuir. Il faut être bien peignée, pas coiffée « sortie du lit ». Inutile de laisser apparaître bretelles de soutien-gorge ou cordon de pantalon à la japonaise : avoir l’air d’une belle plus du tout endormie, ça va de toute façon réveiller le désir autour de vous.

C’est pas possible avec…
Les slippers et les mules à talons. De grosses baskets portées avec des soies fines, c’est très bien. Quand aux sandales à plateau et autres espadrilles, en mode « pyjama », c’est « jamais » !

2/

(c) Michael Kors
(c) Michael Kors

Les volants partout

« Femmes à volants, sexitude au tournant »? Il faut voir. ça dépend où on les place. Il ne faut pas confondre « branché » et « branchies ». Les volants qui vibrionnent au côté du corps, ça sent  vite le poisson.

C’est possible si…
On utilise les volants pour insister sur la partie de notre corps qu’on a le mieux travaillé à la gym : le buste ou les cuisses, une partie qu’on assume. Parce qu’elles charpentent une silhouette, donnent une allure romantique, et qu’elles sont bonbon à clasher avec un biker, une boléro en jean ou des chaussures de chantier.

C’est pas possible avec…
Des accessoires trop premier degré : ballerines, body qui fait justaucorps, fleurs dans les cheveux. Plus la pièce évoque l’innocence, moins il faut l’être. En total look excessif, en tulle transparent ou avec du moulant, là seulement, on fonce sur les fronces.

3/

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Les pantalons à pinces

Réservé au départ aux pompiers, aux CRS et aux représentants de commerce, ce pantalon à plis plats qui blouse autour des hanches n’affriolait pas trop les fashionistas. Leurs mères rentières, un martini à la main, à la rigueur. C’était sans compter sans l’inventivité des créateurs, qui en font désormais la it-pièce de la fille à fesses bombées et ventre plat (c’est d’ailleurs la clef du succès des pompiers susmentionnés).

C’est possible si…
Comme chez Dries Van Noten où il marque fort la taille, on le porte avec une chemise brodée ou un t-shirt décalé à l’effigie d’un groupe de hard rock ou assimilé. Plus classique et bleu marine (pour les fans d’uniformes, donc), Marc Jacobs et Lemaire le sortent avec des jambes larges. Pour les grandes minces, tout de même (il faut « doser » avant « d’oser »).

C’est pas possible avec…
Un twin set, un chignon, un gilet (sauf si les derniers boutons sont ouverts, mais il faut être sûre de gérer le  style Deschiens).

4/

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Le jogging chic

Comme chez Lacoste, la tenue de sport se démocratise à la ville. ça fait un moment, rien de très nouveau là-dedans. Cette saison, le sportswear s’embourgeoise. Matières nobles et associations contre nature (sweater + cuir + velours), on joue avec les codes. À la limite, le vêtement supposé le plus confortable au monde cesse de l’être, pour garder de la tenue. Le pantalon de jogging, comme chez Louis Vuitton, devient technique. Et nous, on le détourne tactique.

C’est possible si…
On le choisit dans une couleur forte, vert forêt, bleu roi, bordeaux, jaune canari. On opte pour une matière « pas faite pour ça », comme le daim, chez Tommy Hilfiger. On est bien maquillée, genre « je ne fais jamais de sport » (c’est important pour le teint, de ne jamais faire de sport sinon on a les joues rouges et les ailes du nez luisantes). On choisit des chaussures qui collent à l’esprit running, baskets ou sandales – on peut courir en sandales, vers le marchand de glaces notamment – mais on arrête les talons hauts avec le short de tennis : l’inattendu trop attendu, ça fiche tout en l’air.

C’est pas possible si…
On prend n’importe laquelle de ses pièces de sport en molleton, avec des manches de la bonne taille. Chez VETEMENTS, c’est du coton, oui, mais avec des manches qui traînent aux genoux et la marque écrite en très très grand. Avec un sac de sport / un polo / un t-shirt / un débardeur, c’est premier degré, donc degré zéro. Sauf dans une salle de crossfit. Où on n’ira pas en daim. Le vrai exploit, c’est de sauter d’une tendance à l’autre, sans se faire d’élongation. De battre le record de la modasse obsédée sans que cela se voie. De soulever des tonnes d’a priori sans courbatures à l’âme. Et cette saison, il va y avoir du sport.