La journée des femmes, nouvelle Saint-Valentin?

Mis à jour le 19 février 2018 par Laurence Donis
La journée des femmes, nouvelle Saint-Valentin?

C’est la journée internationale des droits des femmes aujourd’hui. Les marques en profitent et le message principal est parfois noyé sous les réductions proposées. Le féminisme est-il devenu un effet de mode?

« 200 produits de beauté à -50% », c’est comme cela qu’Yves Rocher célèbre la journée internationale des droits des femmes en Belgique. La marque n’est pas la seule, les promotions pleuvent aujourd’hui dans les parfumeries et chez les fleuristes. Sauf que la Saint-Valentin, c’était le mois passé. Et que l’on a parfois tendance à oublier que le 8 mars n’a pas la vocation d’être un produit marketing. Comme le rappelle le site officiel du 8 mars.info, ce n’est pas une fête mais une journée de luttes.

« N’offrez pas des fleurs », peut-on lire sur la plate-forme. « Si vous voulez faire un geste pour la Journée des Femmes, intéressez-vous plutôt aux revendications émises à cette occasion. Quelle est la réalité vécue par les femmes? Quelles sont leurs difficultés? Que pouvez-vous faire? » L’égalité des sexes n’est toujours pas atteinte, le but de cette journée est de le rappeler et d’avancer sur la question. Les exemples sont évidemment nombreux. Pour n’en citer qu’un, l’écart salarial reste tenace en Belgique, comme ailleurs. D’après le Global Gender Gap Index, les femmes gagnent toujours 19,2% de moins que leurs homologues masculins chez nous. Et ce n’est pas vraiment en achetant un rouge à lèvres que la situation risque d’évoluer.

L’avis des filles de la rédac :

Juliette, 36 ans, journaliste culture et société: « Si on imagine qu’une cause ne sera pas récupérée par le marketing, c’est que l’on vit dans un autre monde. Tout est récupéré pour vendre des produits. Quand Coca-Cola sort un Coca ‘vert’, ce n’est pas pour notre santé ou pour la planète. Il s’agit d’un incroyable argument de vente. Quand Always fait des publicités formidables pour encourager la confiance en soi des filles, il ne faut pas oublier que le but premier est de vendre des protections hygiéniques. On ne fait pas avancer les combats en un jour, en une fête ou en un événement ».

Marie, 27 ans, journaliste mode: « Oui, les marques en profitent et la récupération existe mais elle est bienvenue tant que l’on continue à parler de la cause. Il faut accepter de jouer avec les codes. Le message principal est parfois oublié mais combien de personnes s’intéressent vraiment aux problématiques de la journée des femmes? Je pense que cela intéresse surtout ceux qui s’en préoccupent déjà toute l’année ».

Crédit photo: film "Valentine's Day"