La grand messe de VETEMENTS

Publié le 4 mars 2016 par Elisabeth Clauss
La grand messe de VETEMENTS

Dans une cathédrale de l'avenue Georges V, Demna Gvasalia et son collectif VETEMENTS ont présenté deux collections, féminine et masculine, qui ont une fois encore coupé le sifflet aux observateurs.

Un lieu saint, pour une marque qui désacralise les codes.

Cette saison, VETEMENTS inaugure une véritable ligne masculine, complète, y compris maille et accessoires. Notamment des anneaux porte-manteau (accrochés à la taille), ou d'hallucinantes bottes "de pêche" en cuir. Des vestes à carrures aussi larges que hautes, les hommes épaulés dans leur énormité. Pour Demna Gvasalia, "hommes et femmes en VETEMENTS , ce sera désormais une communauté. On a différencié les deux collections, mais la maison était déjà relativement transversale".

Des pièces qui enveloppent entièrement le corps, robes sweat-shirts qui encagoulent la silhouette, vestes oversize - désormais grâce à eux, le terme semble galvaudé - et qui, paradoxalement, dégagent une sensualité brute, une sexualisation revendiquée. Par les coupes, mais aussi par les statements qui barrent les vêtements : "Sexual Fantaisies". "You Fuck'n Asshole" aussi, histoire qu'on soit bien clairs.

Les vêtements eux-mêmes, de l'extrême donc, du radical. Des épaules démesurées ou effacées par les capuches tendues. Des toges streetwear encapuchonnées, faisant "loge d'initiés", entre néo-religion anarchiste et secte de hard rock. Du coton, du velours, du glitter (les cuissardes disco !), des robes à pois, un collection de poids.

Les accessoires féminins aussi, méritaient un autel à eux seuls. Les bottes tatouées esprit biker, un nouvel objet de dévotion. Et puis, en filigranes de toute cette subversion à la mode qui s'auto-dévore, tellement d'humour.

Sur un sweat-shirt, Demna et sa clique ont écrit : "May the bridges I burn light the way". Désacralisée, cette cathédrale ? Au contraire.

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(La collection printemps/été est déjà disponible chez Stijl à Bruxelles)