L’avortement menacé aux USA. Et en Belgique?

Mis à jour le 22 janvier 2018 par Laurence Donis
L’avortement menacé aux USA. Et en Belgique?Juno

La Cour suprême des Etats-Unis se penche sur l’avortement aujourd’hui. Les sages vont devoir donner leur avis sur une loi adoptée au Texas mais le jugement pourrait avoir un impact national. 

10 centres d’IVG pour 5,4 millions de femmes. Le scénario est effrayant mais il risque de devenir réalité si la Cour suprême des Etats-Unis se déclare en faveur d’une loi de 2013. Dans celle-ci, il est notamment indiqué que les établissements du Texas doivent disposer d’un plateau chirurgical digne du milieu hospitalier pour pouvoir pratiquer un avortement. A première vue, la mesure est positive. Elle diminue les risques de complications et protège les futures mères.

Mais alors où est le problème? D’après les défenseurs de l’IVG, la santé des femmes est plutôt un joli prétexte. Cette loi de 2013 forcerait en fait de nombreuses cliniques à fermer. Incapables de respecter les conditions imposées, elles ne peuvent plus pratiquer d’avortements. D’après l'organisation Whole Woman's Health, près de 75% des centres ont déjà dû mettre la clé sous la porte. "Ces mesures posent d'énormes entraves à des cliniques qui pratiquaient déjà des avortements sûrs et légaux", explique à l’AFP Sherry Colb, professeur de droit à l'université Cornell.

Résultat: les coûts ont augmenté, tout comme le délai d’attente, et les femmes doivent parfois parcourir de longues distances. C’est aujourd’hui que les sages de la Cour suprême analysent les restrictions imposées par cette loi de 2013. Rendu en été, le jugement aura des répercussions dans tout le pays, pas seulement au Texas. "Cette affaire est vraiment importante au niveau national", affirme à l’AFP un avocat, Michael Dell. "Les opposants à l'avortement ont décrété des lois similaires ou tentent de le faire dans d'autres Etats".

Et en Belgique?

Chez nous, la loi dépénalisant l’avortement date de 1990. Contrairement aux autres pays, la plupart des interventions ne sont pas réalisées dans des hôpitaux mais dans des centres de planning familial. La Fédération Wallonie-Bruxelles en compte déjà un peu plus de 20. D’après la Commission nationale d'évaluation, 18.000 IVG sont pratiquées chaque année en Belgique. Si l’avortement n’est pas directement menacé, le manque de praticiens pourrait poser problème à l’avenir. Les médecins généralistes actifs dans ces centres vieillissent et la relève n’est pas assurée. Dans la partie francophone de notre pays, l’ULB est la seule université qui propose une formation sur l’avortement. Et les étudiants ne se pressent pas vraiment pour y assister.