Pourquoi les chats sont devenus les stars du web ?

Mis à jour le 20 février 2018 par ELLE Belgique
Pourquoi les chats sont devenus les stars du web ?

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Star des réseaux sociaux, maître de la maison et meilleur ami de l’homme (et de la femme ), le matou est partout. Qu’est-ce que ça cache ?

  • C’est le nouvel enfant 

Évidemment, on avait saisi : un gosse et un chartreux, ce n’est pas tout à fait la même chose. Mais, avec un peu d’autodérision, on avoue sans tabou qu’on appelle son chat « bébé ». D’autres font ça avec leurs fiancés, ce n’est guère mieux… L’avantage, avec un chat, c’est qu’on peut le laisser seul pendant trois jours avec un bol de croquettes. Chose moins évidente avec un fiancé et surtout avec un enfant – en tout cas, avant l’adolescence. Le chat, c’est l’enfant des égoïstes ? Et alors ! Au moins, on ne prend pas la responsabilité de balancer un môme dans un monde à feu et à sang. Le chartreux, il s’en fout, de l’amiante et de la couche d’ozone. C’est lui, notre réchauffement climatique.

  • C’est le nouveau mec 

Loin de nous l’idée d’exhumer le mythe de la vieille fille qui sent la caisse à chat, notamment parce qu’elle a onze chats. Aujourd’hui, la fille qui en prend un, elle a le choix. D’abord parce qu’elle est belle comme une femelle sacrée de Birmanie et qu’elle a tous les matous de Paris à ses pieds. Du coup, son minou, elle ne le subit pas, elle le surkiffe. À bien y réfléchir, ça se tient : un garçon, ça ronfle, un chat, ça ronronne ; un garçon, ça ment, un chat, ça miaule ; un garçon, c’est cochon, un chat, c’est mignon... et pour les coups de chaleur, y a Tinder.

  • C’est le nouveau psy 

Lui aussi, le chat, quand tu lui parles, même des immondices qui traversent parfois l’esprit, genre « j’ai rêvé que je mettais mon nombril au monde », il ne répond rien. Lui aussi fait semblant d’écouter alors qu’il roupille dans son fauteuil en cuir. Lui aussi a des moustaches. Lui aussi est lacanien. Mais, au moins, il est sur place et tu ne lui dois rien. Oui, avoir un chat, ça fait du bien et ça n’oblige pas à détester votre mère sous prétexte que ça fait partie du processus de résilience. Et tutti quanti de la petite enfance ! Avec le félin, c’est plus sain : son poil, son bruit, son odeur, c’est que du bonheur.

  • C’est le nouveau Brillant 

Considérant que vous êtes sur liste d’attente pour acheter ce sac Delvaux qui vaut trois minimex, mais que ça commence à durer, changez de braquet : tant qu’à être dans un achat déraisonnable, misez tout sur l’aristochat. Là aussi, il faut du caprice. De l’exceptionnel. De la bonne facture. Après des heures de tergiversations, dénichez une race bien rare et chère, du genre ashera, un minou qui ressemble à un léopard miniature, hypoallergénique et hors de prix (3 000 € le kilo). Et, surtout, faites des bornes. Pour que ce soit vraiment chic, quitez la Belgique et traversez la France pour prendre le bestiau dans un élevage paumé au fin fond de l’Ardèche, limite faites la route en deux fois et offrez-vous un petit hôtel de charme.

  • C’est le nouveau meilleur pote 

Qui est là pour partager une bière à 20 h 30 ? Pour mater un film à la maison ? Qui répond quand même oui au brunch un peu sinistre du dimanche ? Qui ne dit jamais rien sur votre nouvel amant ? Votre nouvelle coiffure ? Votre mère ? Qui est toujours d’accord avec vous ? Votre meilleur pote. Plus maintenant : avec l’âge, les amis sont devenus chiants et bougent moins qu’avant. Reste l’option chat, qui ne sort jamais avec une conne, n’est pas au régime sans gluten, ne parle pas que de fric alors que, avant, c’était que de cul. Bilan : vive les soirées entrechats !

  • C’est la nouvelle lampe Pipistrello 

Avant, quand tu arrivais chez quelqu’un de chic, tu remarquais le fauteuil Charles and Ray Eames et la table Charlotte Perriand. Maintenant, tout ça fait un peu vieil antiquaire et, souvent, les designers réputés ont des bouledogues qui pètent. Comme celui de Jane Birkin. Le truc 2016 pour être vraiment arty, c’est d’avoir un chat. Comme ultime objet de déco. Attention, pas n’importe lequel. On valide les écailles de tortue, les vintage de gouttière, pourquoi pas un abyssin ou, le must, un british shorthair. Karl a lancé l’idée avec Choupette et, comme d’habitude, on s’est engouffrés. Toute la gentry fashion s’est acheté un minet. Pas un escort, un vrai. Un raminagrobis qui dort au bout du lit. Un chat, ce n’est pas cucul, c’est cu-culte.

  • C’est le nouveau divorce 

Avant, quand on n’avait plus rien à se dire, si ce n’est des horreurs, quand on n’avait pas baisé depuis l’été dernier, quand on s’était beaucoup trompés, on signait un papier. Et on recommençait avec un autre. Là, les temps sont durs. Fait pas chaud dehors. Pas sûr d’être prêts pour l’aventure. On va attendre la relance et la baisse des loyers, hein ? Plutôt que de se remettre direct sur le marché, culotte sur la tête, mini en haut des cuisses et moral aux chevilles, on réfléchit à deux fois. Certes, ce n’est pas du Beauvoir, mais, désolé, on est pragmatique : cette année, on prend un chat. Sheba pour dire je t’aime ! Évidemment, ça vaut ce que ça vaut, mais c’est mieux que de se mettre à boire. À part ça, chat va !

  • C’est la nouvelle Xbox 

Depuis la naissance de vos enfants, enfin, depuis qu’ils ont l’âge d’utiliser leurs petits doigts, vous êtes passés par tous les stades de la tablette : DS, Nintendo, PS3, Xbox et surtout votre iPad, qu’ils vous ont subtilisé en loucedé. Et, pourtant, vous aviez juré, entre vous, de ne pas céder à la facilité et de tenter de les maintenir éveillés avec des constructions de Kapla, voire, pour les plus âgés, avec une grande partie de Monopoly. Désormais, Typex, Megumi, Loulou, Tchoupi, Popeye, Caramel, Firmin, Lewis... (en hommage aux chatons de la rédac) font office d’extrême distraction au sein de la cellule familiale. Les enfants se disputent la garde de la bête, sa gamelle, et sont même prêts à vider la litière (enfin, presque). Bref, on se parle à nouveau, on s’engueule, on se réconcilie. La vraie vie, quoi !

Nathalie Dupuis & Edouard Dutour