Calendriers: le sexisme, c’est plus ce que c’était…

Mis à jour le 16 février 2018 par Juliette Debruxelles
Calendriers: le sexisme, c’est plus ce que c’était…
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Amy Schumer par Annie Leibowitz pour la calendrier Pirelli 2016

Du cerveau chez Pirelli, des pectoraux (et pas que) chez les «Dieux du Stade», et si le sexisme avait changé de camp? (TW aux sensibles: il y a du zizi dedans...).

Joie dans les foyers et sur la toile: la 43e édition du calendrier Pirelli n’est plus dédiée – comme ce fut le cas chaque année - à des bombes hypersexuées, mais à des femmes «emblématique de la réussite professionnelle, sociale, culturelle, sportive et artistique», selon les propres mots de la photographe Annie Leibovitz. Oui, Amy Schumer (33 ans) y dévoile sa doducité assumée, Serena Williams un booty over musclé. Mais à part ça, les modèles (Yoko Ono, 82 ans, Patti Smith, 68 ans, la collectionneuse d’art Agnes Gund, 77 ans, la femme d’affaires Melody Hobson, 46 ans, la blogueuse Tavi Gevinson, 19 ans) sont… habillées! Habillées quoi!
Fini les pages qui collent au fil des mois (tu n’as pas compris pourquoi? On ne t'expliquera pas…).
Certains observateurs dénoncent une manœuvre marketing bien ficelée (la récupération du «body shaming» pour faire des ronds), d’autres crient des «hourra!», les bikers et camionneurs, eux, ne s’en remettent pas (oui, c’est un cliché).
Ça, c’est pour le côté sympa.
ça ferait presque oublier qu’il y a quelques mois, des gars – sportifs au demeurant – s’affichaient dans le plus simple appareil et dans des poses qui rappelaient les heures les plus sombres des débuts du porno. "Dieux du Stade" que ça s'appelle...
Sur les réseaux sociaux: la débandade. En particulier après la publication de la page consacrée à Sylvain Potard, champion de MMA aux proportions affolantes (voir plus bas en répétant à son gars "mais non, la taille, ça ne compte pas...").
Et on l’admet, on s’est bien marrées. Et on a fantasmé (ouai, on l’a fait).
Mais est-ce qu’on a vraiment le droit (et le choix) de checker l’anatomie des gars et de dresser des comparaisons entre leurs attributs et des denrées alimentaires? Est-ce qu’on peut, d’un côté, se réjouir de l’avancée de l’image de la femme et de l’autre se pâmer devant des abdos d’acier sur papier glacé?
Pourquoi font-ils ça? Pourquoi est-ce qu’ils se placent à ce niveau là? Pour l’amour de l’art? Pour ressentir ce que ça fait d’être une marchandise b(r)andée?
Est-ce que la case «truc sexy à afficher» doit absolument être cochée, qu’elle soit remplie de femmes cambrées ou de gars testostéronés?
Et si on se contentait de chatons à poils pour rythmer l’année?

Calendriers: le sexisme, c’est plus ce que c’était… - 3
Sylvain Potard par FRED GOUJON pour "Dieux du Stade - Calendrier 2016"