Retour à l’école après le week-end de crise : quelques conseils aux parents

Mis à jour le 16 février 2018 par Elisabeth Clauss
Retour à l’école après le week-end de crise : quelques conseils aux parents

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Comment gérer les questions qui se bousculent du côté des adultes, et préserver la sérénité des enfants ? Charlotte Ledent, psychothérapeute, nous ouvre 5 pistes de réflexion :

1 - Les enfants sont des "éponges à émotions"

"Nous ne sommes pas tous égaux face à la peur, et il en est de même pour nos enfants. Le vécu antérieur, le tempérament, la sensibilité, la perméabilité à l'agressivité et à la violence sont autant d'éléments qui sont propres à chacun et influencent nos réactions face à un climat de danger. La situation que nous vivons en ce moment peut revêtir pour certains un caractère traumatique. De plus la couverture médiatique intense, la part d'inconnu, les informations incomplètes et les incertitudes viennent nourrir ces sentiments d'insécurité. C'est pourquoi il importe de rationaliser sa propre part d'angoisse, pour le bien de ses enfants : ils devront gérer leur peur, ET celle de leurs parents. Notre façon de réagir face à ces mêmes événements est donc déterminante".

2 - Comment trouver l'équilibre entre son ressenti éventuellement négatif et le respect de la protection émotionnelle des enfants ?

"Le parent est le représentant du cadre et des limites et sa présence forte et rassurante garantit un sentiment de protection et de sécurité. Le parent doit être honnête, mais pas totalement transparent. Il reconnaît ses peurs, sans les édulcorer mais en choisissant des mots sincères, sans pour autant être alarmants. L'enfant a besoin de sentir que le parent ressent des émotions mais qu'elles ne le dominent pas, qu'il garde un certain contrôle sur lui-même et sur la situation."

3 - Concrètement, on fait comment ?

"On peut partir du vécu actuel de l'enfant. L'interroger : que sait-il ? Que ressent-il ? Qu'imagine t-il ? Le laisser parler librement et sans tabou de sa peur pour pouvoir la circonscrire, l'apprivoiser et l'ancrer dans une réalité car l'enfant a une personnalité en devenir et une imagination plus vaste qui peut décupler ce sentiment de peur. Alors, une fois les questions et craintes formulées, on peut respecter sa sensibilité en connaissance de cause, sans asséner des vérités qu'on voudrait rassurantes, mais qui peuvent parfois être maladroites."

4 - Comment renforcer sa confiance ?

"En lui rappelant qu'on a confiance en lui et en ses ressources face à la peur, et en l'encourageant à les développer. On peut souligner les belles choses qui apparaissent au travers de ces événements dramatiques (la solidarité, l'empathie)".

5 - Comment transformer cette expérience en nouvelles ressources pour l'enfant ?

"En commençant par adapter son langage à l'âge et à la maturité de l'enfant. Pour les petits et tout- petits, il faut leur prêter des mots qu'ils n'ont pas et souvent privilégier le contact physique. Remplacer le langage par le dessin ou le jeu, c'est-à-dire s'aligner sur ses compétences de communication à un moment donné de son développement. Et d'une façon générale, il est essentiel que cet événement ne devienne pas tout dans la vie de la famille. En multiplier les distractions et les liens avec d'autres, on relativise, et on renforce son expérience du monde".