Attentats de Bruxelles: comment en parler aux enfants ?

Mis à jour le 12 février 2018 par Marie Guérin
Attentats de Bruxelles: comment en parler aux enfants ?Getty

Après les attentats du 13 novembre à Paris, le Docteur Emmanuel de Becker, chef du service pédopsychiatrique à Saint-Luc nous avait donné quelques clés pour répondre à leurs questions. Suite aux événements d'hier, Child Focus a également publié des conseils concrets sur son site

Après les événements survenus à Paris et à Bruxelles, les enfants se posent beaucoup de questions. "Il est essentiel d'engager le dialogue et d'expliquer la situation en s'adaptant aux âges et à leur compréhension des événements", explique le Docteur Emmanuel de Becker, chef du service de psychiatrie info-juvénile à l'hôpital Saint-Luc, à Bruxelles.

Comment en parler avec un enfant ?

  1. Écouter. La première chose à faire, c'est comprendre et entendre sa vision des faits. Il s'agit d'être à l'écoute de ses sentiments afin de connaître ses peurs et l'inviter à s'exprimer. "Que veux-tu savoir ?" C'est la base du dialogue. Il faut entamer la conversation en fonction de sa connaissance de la situation. "Certains enfants auront peut-être besoin d'exprimer leur affect grâce au dessin, quand le langage n'est pas encore assez développé, il faut les encourager." Child Focus conseille également d'aborder le sujet spontanément et de ne pas attendre que votre enfant vienne vous interroger. Restez ouvert à la discussion et expliquez-lui qu'il peut toujours vous poser des questions plus tard.
  2. Répondre et rassurer.  Il est important de montrer que nous sommes dans un pays qui prend des mesures de sécurité. Des policiers, des militaires, sont mobilisés pour nous protéger et arrêter les personnes qui veulent faire du mal à la population. "La notion de mort n'est intégrée par l'enfant que vers 7-8 ans. C'est à cet âge-là qu'il comprend la notion d'absence permanente. Avant cela, il sait qu'elle existe mais c'est une notion floue" précise le Docteur. "Il est donc très important de respecter leur développement. Pour les enfants plus âgés, il faut rappeler cette condition humaine tout en les rassurant. "Les parents peuvent expliquer que nous sommes tous amenés à mourir, mais que nous continuerons à vivre à travers le souvenir de nos proches. "Il faut que les enfants sachent que la vie nous dépasse et qu'on doit en prendre soin en respectant les conseils de prudence et de sécurité." Child Focus recommande également de ne pas cacher d'informations à votre enfant et de toujours lui répondre honnêtement : "Si vous fuyez ses questions, il s’en posera encore plus et s'inquiétera davantage".
  3. Éviter la surinformation.  Il y a un gros risque que les enfants soient submergés par le flot d'images qui entoure ces drames. L'information est nécessaire, mais elle doit être intelligente. "Pour que les enfants ne soient pas directement touchés par les images, il ne faut pas qu'ils regardent les émissions. Il faut que l'adulte joue le rôle de filtre en expliquant mais sans lui montrer pour éviter tout traumatisme." Essayez d'utiliser un langage simple et de rester serein afin de ne pas transmettre vos angoisses.
  4. Profiter du moment.  À la maison, c'est l'occasion de prendre le temps pour s'amuser ensemble, resserrer les liens en profitant des joies simples. "Réaliser une activité familiale permet de montrer que la vie ne s'arrête pas car, même si elle est parsemée de moments d'inquiétude, elle est également faite de joie et de petits plaisirs." Evitez par ailleurs de changer de routine, dans la mesure du possible, afin de ne pas inquiéter davantage votre enfant.