Fashion Fâché : Jean-Charles De Castelbajac parle de la mode

Mis à jour le 16 février 2018 par Elisabeth Clauss
Fashion Fâché : Jean-Charles De Castelbajac parle de la mode

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Innovant depuis 40 ans, le créateur poète s'active sur les réseaux sociaux, s'insurge, et réfléchit à l'avenir de la mode.

Le succès :

"Aujourd'hui, l'une des composantes essentielles du succès, c'est de savoir se vendre. Ça explique une partie de ma survie. Et aussi, d'être capable de regarder le monde tel qu'il est."

Le secteur est-il devenu plus "brutal" ?

"Il est terriblement sclérosé, surtout. Le territoire d'appréciation de la mode est faussé par la rentabilité, qui transforme les créateurs en styliste. Le créateur, c'est celui qui pose des questions, c'est un artiste. Le styliste, c'est celui qui traduit une tendance en produits. La temporalité des collections est biaisée. Il faut se rendre à l'évidence : désormais, c'est l'acheteur qui est le curateur. Beaucoup de marques puisent dans le même répertoire et le prêt-à-porter est devenu un grand karaoké."

La multiplication exponentielle des collections chaque saison :

"On assiste à des déferlantes de produits. De nombreuses collections sont insipides. Lorsque j'ai débuté, il y a 40 ans, il existait une forme de veste, quelques modèles de pantalons et de manteaux. Maintenant, on a perdu ce sens de l'essentiel. Alors moi, je fabrique de la nouveauté en revenant aux sources : il faut savoir entrer en rupture. A l'époque, j'inventais des antimatières. Je vois, dans certaines maisons, des gens de grands talents reprendre les choses avec conscience. De jeunes créateurs comme Demna Gvasalia chez Balenciaga réinventent de vrais messages de mode. Il faut soutenir les maisons indépendantes."