Allez voir Suffragette

Mis à jour le 16 février 2018 par Béatrice Ercolini
Allez voir Suffragette

suffragette

Après, vous rirez bien quand on vous traitera de féministe hystérique.

Et vous, vous auriez fait quoi ? Si, depuis toujours, le monde était un monde d’homme. Si, comme dans tous les autres couples, votre mari gagnait bien plus que vous pour un travail pas plus dur. Si le contre-maître vous coinçait dans les coins depuis vos 13 ans… Le film Suffragette, c’est ça : le tableau, magnifiquement filmé, de la condition ouvrière anglaise aux alentours de 1900, et l’éveil au féminisme d’une jeune femme, Carrey Mulligan dans le film.

On peut reprocher à Sarah Gavron, la réalisatrice, d’avoir focusé sur la classe ouvrière (les hommes qui en faisaient partie ne rigolaient pas non plus) alors que le mouvement, mené en Angleterre par Emmeline Panckhurst (madame Meryl Streep, les filles !), était aussi le fait de bourgeoises. Son film rend bien la violence physique de la lutte, des manifestations, de la répression.

On apprend aussi que, n’obtenant pas le droit de vote malgré leurs demandes répétées, des femmes firent sauter des bombes (Helena Bonham Carter), pulvérisant des boîtes aux lettres, le télégraphe et même la résidence du Premier ministre. La réponse de la police fut brutale, comme l’était ce monde d’hommes.

Un film à voir pour apprécier le chemin parcouru. Pour réaliser à la sortie que se faire traiter d’hystérique lorsqu’on défend aujourd’hui un point de vue féministe, c’est peu de chose face à ce que ces femmes ont affronté. Et, éventuellement, pour tester son chéri : pendant le film, mon voisin de fauteuil n’a pas cessé de traiter les rôles mâles de « salaud » et de « crapule »… Bonne pioche.

Sortie ce mercredi 11 novembre qui, en Belgique, est considéré comme la Journée Nationale de la Femme, destinée à pointer les inégalités entre hommes et femmes.