Qui sont ces pères modèles qui nous filent des complexes?

Ils sont de plus en plus à jongler entre vie professionnelle accomplie et vie de famille épanouie. Quatre « super » papas nous parlent de leurs aspirations de pères modernes.

Arastou Khatibi. Economiste, chercheur, consultant et prof à l’université, papa de trois garçons (Rome, 5 ans, Everest, 3 ans et Rio, 10 mois), en couple.

Arastou, le papa "Shiva". Crédit photo: Studio Fiftyfifty

L’éducation que vous donnez est-elle différente de celle que vous avez reçue ?

Mon père n’a jamais été présent. Il travaillait beaucoup et était peu impliqué dans le quotidien familial. Je n’avais d’ailleurs jamais envisagé de devenir père un jour. J’avais très peur. Mais toutes mes angoisses se sont dissipées à la seconde même où mon premier fils est né. Une réelle révélation pour moi. J’ai trouvé ça finalement très naturel.

Quel papa êtes-vous ?

Je suis plutôt papa poule, très impliqué dans l’éducation de mes enfants. Je souhaite leur transmettre mes valeurs et être le plus présent possible. Je veux connaître ce qui les passionne, ce qui les fait vibrer, que ce soit l’art, la musique, un sport ou les dinosaures, et les encourager. Je suis un papa affectueux. Je leur répète vingt fois par jour que je les aime. Mais je suis ferme quand il le faut. Je veux qu’ils sachent que je serai toujours là pour eux.

Qui vous inspire dans votre paternité ?

Ma compagne, Gaby, dans sa manière d’être naturellement mère. J’admire sa créativité, son énergie et sa patience avec les enfants. J’apprends beaucoup à ses côtés. Elle me rassure dans mon rôle de père. Ma mère aussi, qui finalement nous a élevés seule, ma sœur et moi. Elle nous a transmis des valeurs fortes et une culture que je souhaite à mon tour transmettre à mes enfants.

Le papa idéal, c’est…

Le père parfait n’existe pas. On fait comme on peut. Je pense surtout que les aimer et être là pour eux est le plus important. J’espère pouvoir les guider au mieux dans leur vie afin qu’ils puissent prendre la meilleure direction possible.

Maman-papa, même débat ?

Pour moi, c’est exactement la même chose. Ce n’est pas une question de genre. On a chacun notre manière de faire, c’est ce qui construit l’identité d’un enfant. Le tout est d’accepter que l’autre fasse les choses de manière différente.

Quelles tâches parentales assurez-vous au quotidien ?

Il n’y a pas de règles. Les choses se font naturellement, en fonction de nos disponibilités. Quand l’un de nous se sent enfermé dans un rôle, on en discute et l’autre prend le relais.

Père au foyer, ça vous irait ?

C’est un choix de couple. J’aime mon métier, qui me permet aujourd’hui d’être présent pour mes enfants. Je ne changerais rien.

Vos moments préférés avec vos enfants ? 

Quand ils se glissent discrètement dans notre lit le matin et qu’on se rendort tous les cinq, quand ils me surprennent avec leurs grandes questions existentielles, quand ils me racontent leurs aventures, quand ils négocient l’un avec l’autre, quand ils éclatent de rire…

Julien Brochard. Entrepreneur, un enfant (Léon, 5 ans), séparé de la maman, en couple.

Julien, le papa-copain qui privilégie la relation à l'éducation. Crédit photo: Studio Fiftyfifty

Quel papa êtes-vous ?

Comme beaucoup de papas de ma génération, je me sens plus impliqué au quotidien dans l’éducation, dans les choix et décisions concernant Léon que mon père ne l’était avec moi. J’essaye de m’occuper de mon fils le plus possible quand j’en ai la garde. Etant indépendant, j’organise mon temps en fonction de lui de manière à m’en occuper au maximum. Le bien-être de Léon passe avant tout.

Qui vous inspire dans votre paternité ?

La maman de Léon et mes parents m’inspirent beaucoup dans ma manière d’aborder l’éducation de mon fils. Avant d’élever un enfant, il me semble important de se demander quelles sont les valeurs héritées qu’on aimerait transmettre à notre tour. De même, il faut essayer d’éviter de reproduire les choses qui nous ont fait souffrir. C’est compliqué parfois mais certains livres pédagogiques peuvent aider à se poser les bonnes questions.

Le papa idéal, c’est…

Un papa qui est présent au quotidien. Un papa qui dégage du temps pour jouer, s’amuser, bricoler, jardiner, faire du sport avec ses enfants. Mais aussi un papa qui sait être strict quand il faut et établir un cadre à respecter.

Maman-papa, même débat ?

Le rôle du papa est aussi important que celui de la maman. Quand j’ai la garde de mon fils, je joue les deux rôles. Je fais aussi bien les courses, les repas, les trajets, les bricolages, les bains que les histoires, les chansons et les bisous.

Père au foyer, ça vous irait ?

Je trouve ça super ! C’est une chance de pouvoir le faire. Si financièrement je pouvais me le permettre, j’aimerais en être un avec grand plaisir.

Vos moments préférés avec votre fils ?

Quand on partage une même activité que ce soit allumer un feu ou faire du vélo. J’adore aussi nos moments câlins le soir, avant de faire dodo.

  • Son carnet d’adresses daddy’s friendly

Pour luncher avec les enfants. Le Canard Sauvage, à Boitsfort. Ils ont un espace enfants avec des jeux pour les occuper pendant que les grands mangent tranquillement. (www.canardsauvage.be)

Pour trouver des jouets en bois stylés. Hollywood Toys à Etterbeek. Il y a pas mal de choix et on est souvent bien conseillé.

Pour se dépenser. La piscine de Woluwe (Sport City) car la profondeur est idéale pour apprendre à nager et il y a aussi un grand toboggan qui n’est pas trop hard pour les plus petits.

Pour se balader. On adore la place Flagey avec ses fontaines d’eau (quand il fait chaud) et la terrasse du Belga à deux pas de chez nous.

Alexis Vlieghe. Chargé de relation dans une banque, papa de trois enfants (Maggy, 6 ans, Ben, 3 ans et June, 2 mois), marié.

Alexis, le daddy cool. Crédit photo: Studio Fiftyfifty

L’éducation que vous donnez est-elle différente de celle que vous avez reçue ?

Ce qui a changé, ce sont les priorités. Les papas d’aujourd’hui souhaitent jouer un rôle actif dans l’éducation de leurs enfants. Non seulement dans la transmission des valeurs mais également dans la vie quotidienne. Les enfants passent avant tout le reste, ce qui était moins le cas avant. Des réunions ou des rendez-vous clients, j’en aurai toute ma vie, le premier cours de gymnastique de Maggy, il n’y en aura qu’un seul. Je ne louperais ça pour rien au monde.

Qui vous inspire dans votre paternité ?

Danny Tanner de « La Fête à la maison » ou Monsieur Drummond de « Arnold & Willy ». Plus sérieusement, j’assume mon rôle de papa de la manière la plus spontanée et la plus intuitive possible, je n’ai donc pas vraiment de modèle.

Le père idéal, c’est…

Celui qui parvient à maintenir l’équilibre fragile entre vie parentale, relationnelle, personnelle et professionnelle. Après, on fait surtout de notre mieux avec les moyens qu’on a. Entre le travail, les tâches quotidiennes, le bombardement de conseils nutritionnels, psychopédagogiques et relationnels, il y a vraiment moyen de se faire une bonne petite dépression « post-papartum ». (rires)

Qu’assurez-vous au quotidien? 

Emmener les enfants à l’école dans des habits propres et repassés, les faire manger de manière plus ou moins équilibrée, donner plein de bisous et de câlins, faire les courses, le repassage, la -cuisine, le ménage, lire les histoires et surtout… allumer Netflix.

Père au foyer, ça vous irait ?

Oui, mais pendant un temps limité seulement car je tiens à ma vie professionnelle et aux contacts sociaux qui en découlent.

Vos moments préférés avec vos enfants ? 

Chaque matin, quand on se retrouve dans la voiture, chacun d’entre eux peut choisir une chanson, qu’on met à fond. En 10  minutes, on peut écouter du Julien Doré, les Déménageurs et du Metallica (je vous laisse deviner qui écoute quoi…).

  • Son carnet d’adresses daddy’s friendly

Pour bruncher. Le Garage à Manger à Ixelles : la caravane qui s’y trouve est top pour les enfants.

Pour se défouler. La Kid’s Factory à Waterloo, l’endroit n’est pas glamour mais ça défoule, le Bois de La Cambre et la plaine de jeux Renier-Chalon.

Pour les jouets en bois. Papillon, sur la chaussée de Boondael.

Thomas Van Den Driessche. Directeur de création/photographe chez Studio Fiftyfifty, papa de deux enfants (Achille, 5 ans et Elie, 1 an), marié.

Thomas, un papa aux petits soins. Crédit photo: Studio Fiftyfifty

L’éducation que vous donnez est-elle différente de celle que vous avez reçue ?

Petit, mon papa me conduisait à l’école à 8 h 30 pour revenir à la maison à 18 h 30 après sa journée de travail et ma maman s’occupait de nous et des tâches ménagères. Dans mon entourage, ce modèle n’existe presque plus. Aujourd’hui, ma femme et moi travaillons autant l’un que l’autre. Du coup, à la maison, c’est aussi fifty fifty.

Qui vous inspire dans votre paternité ?

Mon père d’abord. Même si je suis très différent de lui, il m’a transmis des valeurs que je veux, à mon tour, transmettre à mes enfants. Mes enfants ensuite, qui font de moi le père que je suis. Ils me poussent à me remettre en question non-stop.

Le père idéal, c’est…

Un « bon père » doit construire un cadre rassurant mais aussi, et surtout, aimer son enfant et lui exprimer cet amour. Parler avec son enfant, l’écouter, parler de ses sentiments et l’aider à faire de même. Et dégager du temps pour se consacrer exclusivement à lui.

Qu’assurez-vous au quotidien ?

Suite à un souci de santé, ma femme Aurélie n’a pas la force physique pour gérer un certain nombre de tâches au quotidien. J’emmène tous les jours les enfants à la crèche et à l’école, et c’est aussi moi qui les ramène au bercail. Souvent, je suis le « papa-sherpa » portant l’un sur le dos, tenant la main de l’autre, portant courses, trottinette, skateboard... Pour le reste, dans les grandes lignes, c’est vraiment du 50/50. Ce n’est pas pour rien qu’on a appelé notre boîte de communication Studio Fiftyfifty. On est vraiment dans une logique de répartition équitable des tâches.

Père au foyer, ça vous irait ?

Pourquoi pas. Avec des économies derrière moi ou un changement drastique de mode de vie. Le fait d’être gérant de ma propre entreprise me permet d’aménager mon temps. Souvent, on arrête tout dès que les enfants rentrent de l’école. Et on reprend le travail quand ils dorment, jusque parfois tard dans la nuit.

Vos moments préférés avec vos enfants ? 

J’adore donner le bain. C’est un moment zen et câlin qui peut aussi être très rock’n’roll…Et puis jouer, jouer, jouer avec eux. Des cabanes, des chasses aux trésors, le petit train, la création de carnets de vacances à quatre mains...
Je n’ai pas perdu mon âme d’enfant.

  • Son carnet d’adresses daddy’s friendly

Pour les beaux livres pour enfants.
La librairie Candide, place Brugmann.

Pour manger des hamburgers de castard. Manhattan’s burger, avenue Louise.

Pour être trop swag. La boutique de vêtements Boucle d’Or à Ixelles et la Maison Guapito à Charleroi.

Pour partir à l’aventure dans notre plat pays. On loue un chalet
en Ardennes. 
(www.chalet-en-ardennes.be et www.compagniedesbois.be)

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