Stéphane Bissot, femme de joie

On la connaît actrice, on la découvre auteure de théâtre. Avec « Après nous les mouches », sa pièce intime et reliante, elle touche à l’essentiel : les émotions universelles.

Bien avant « Melting Pot Café», la série populaire de la RTBF qui a inscrit son personnage généreux de madame Astrid dans la tête des téléspectateurs, elle était déjà comédienne, évidemment. Et auteure, tout le temps. Son truc, c’est de raconter des histoires, de trouver la vérité et de la partager. « J’aime réunir les cœurs, les gens. Je fais partie d’une tribu très éclatée. On part, on meurt, on se sépare. Alors pour moi, le théâtre, c’est l’endroit où l’on se réunit pour écouter, regarder, parler et être connectés émotionnellement. C’est du lien. »
Et le lien, elle fait ça bien, oscillant entre feu et glace. Une omelette norvégienne qui joue les peaux de lapin. Une personnalité enveloppante qui ne supporte pas la flatterie. « Je n’aime pas les choses mielleuses. Mes warnings s’allument quand on vient me chercher par ce biais-là. Dans mon métier, je ne me suis jamais placée uniquement dans la séduction. Les acteurs, ce sont des gens qui ont un désir pour la vie au sens large, qui trouvent que c’est bon quand c’est beau. On dispose d’une gourmandise innée qui fait monter la température. Mais on est aussi entre gens qui se battent comme des fous pour donner à voir leur monde… »
Impudeur ? Même pas. « J’écris depuis longtemps, mais je manquais de confiance. Il est plus naturel pour moi de me fondre dans le regard et l’univers des autres. De jouer. De trouver la vérité dans un personnage. Mais à un moment, ce n’était plus suffisant. Il fallait que moi aussi je raconte mes propres histoires. Je ne fais pas ce métier pour être belle, je le fais pour être universelle. »
Et la pièce autobiographique est née. Avec des questions qui bousculent. Comment se construire à travers deuil, rupture et perte ? Comment accepter le pire et, surtout, comment en rire ? « C’est mon regard sur ce qui nous fait, nous construit, nous abîme, nous fait peur et comment on le dépasse. Une façon d’identifier l’empreinte, de pacifier, de se demander comment on peut tous s’accompagner. »
Un texte sans fantômes, centré sur le vivant, avec la permission de laisser vivre les émotions, dans un théâtre unique où les mots font des rebonds au rythme des battements.

Du 14 au 25/3 au Théâtre Varia, 78 rue du Sceptre, 1050 Bruxelles.

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